Coronavirus : Avant le déconfinement, Emmanuel Macron veut apaiser les inquiétudes sur l’école – 20 Minutes

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Emmanuel Macron en visite dans une école de Poissy, dans les Yvelines, le 5 mai 2020. — Ian LANGSDON / POOL / AFP

Une semaine avant le déconfinement, Emmanuel Macron s’est rendu, ce mardi, dans une école des Yvelines pour tenter d’apaiser les inquiétudes sur la périlleuse rentrée qui s’annonce en pleine épidémie de coronavirus.

Il a d’abord discuté avec des enfants de soignants scolarisés à l’école élémentaire Pierre Ronsard de Poissy, sur les mesures de protection. Il a également échangé en visioconférence avec des maires et directeurs d’école du département des Yvelines, prônant « bon sens » et souplesse face aux particularités locales.

Des élus réticents

Car alors que le bilan de l’épidémie a franchi lundi la barre des 25.000 morts, ce retour en classe inquiète parents, enseignants et élus locaux, particulièrement en région parisienne. Beaucoup de maires refusent de rouvrir les écoles dès la semaine prochaine, ou alors a minima. Ce qui entraînerait des répercussions en cascade, notamment sur la garde des enfants. « Je comprends leurs angoisses, leurs questions, leurs inquiétudes », a lancé le président. Et de plaider pour un « retour progressif et concerté », avec pour objectif que « tous les enfants qui ont besoin de revenir à l’école (…) puissent trouver une école ouverte avec un temps aménagé ».

Car alors que plusieurs pays voisins de la France entament ces jours-ci leur déconfinement, l’exécutif insiste sur l’urgence de remettre le pays en marche, après le confinement inédit de millions de Français pendant près de deux mois. Edouard Philippe, qui doit présenter jeudi les détails pratiques du déconfinement, a également qualifié la fermeture des écoles de « catastrophe pour les plus vulnérables des enfants et des adolescents », le décrochage scolaire étant selon lui « probablement une bombe à retardement ».

Qui est responsable en cas de contamination ?

Un protocole sanitaire très strict doit encadrer la réouverture des écoles : lavage de mains à répétition, bureaux espacés d’au moins un mètre, port du masque obligatoire ou conseillé selon les circonstances… Un vrai casse-tête pour les communes chargées de préparer cette rentrée à hauts risques. Les élus sont aussi inquiets sur leur responsabilité pénale si la sortie du confinement devait mal se passer. « Nous sommes mobilisés, déterminés pour réussir le déconfinement, mais nous n’accepterons pas de le faire sans garanties », a ainsi prévenu le sénateur LR Philippe Bas.

Le Sénat doit d’ailleurs adopter mardi le projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire, mais largement modifié pour y « inscrire des garanties essentielles » en vue du déconfinement, notamment sur le suivi des malades du coronavirus et leurs contacts, et pour aménager le régime de responsabilité pénale des employeurs, élus locaux et fonctionnaires. Le dispositif adopté, contre l’avis du gouvernement, dispose que pendant l’état d’urgence sanitaire « nul ne peut voir sa responsabilité pénale engagée » pour des contaminations par le coronavirus, sauf en cas d’intention délibérée, imprudence ou négligence.

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