Convention démocrate : Et soudain, « sleepy » Joe Biden s’est réveillé – 20 Minutes

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Joe Biden a accepté l’investiture du parti démocrate pour la présidentielle le 20 août 2020. — Andrew Harnik/AP/SIPA

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Dans une salle sans public, il a regardé l’Amérique droit dans les yeux. A la convention démocrate, jeudi soir, Joe Biden a officiellement accepté l’investiture de son parti pour la présidentielle du 3 novembre. Cette élection, a-t-il prévenu, c’est « un combat pour l’âme » de l’Amérique. Le ton grave, il a appelé les électeurs à se mobiliser pour tourner la page « sombre » des années Trump, qu’il a accusé d’avoir « attisé les flammes de la haine » et « échoué à protéger le pays » contre le Covid-19.

Biden a appelé à « juger Donald Trump sur les faits », avec « 3 millions d’Américains infectés par le Covid-19 et plus de 170.000 morts », soit « bien plus que tous les autres pays du monde ». « Il a dit que le virus allait disparaître tout seul. Il comptait sur un miracle, mais moi, j’ai un plan », qui inclut notamment le port du masque obligatoire dans tout le pays. « C’est patriotique ».

Un référendum sur Donald Trump

Joe Biden a parlé des néonazis de Charlottesville, et de la réponse de Donald Trump («Il y a des gens biens des deux côtés »). Il a juré qu’il ne resterait pas sans réponse face aux « primes russes (aux talibans) pour tuer des soldats américains ». « Avec un président Biden, l’heure des flatteries aux dictateurs sera terminée. » Et il promet de s’appuyer sur les succès de Barack Obama sur la santé et l’environnement pour « améliorer la vie de nos enfants et de la middle class ».

Pour Joe Biden, c’est l’aboutissement d’une carrière politique qui a couvert près d’un demi-siècle. Quand il s’adresse à ceux qui ont perdu un proche dans la pandémie et leur dit : « Je connais la douleur de perdre quelqu’un qu’on aime », ce n’est pas une formule toute faite. Joe Biden a perdu sa femme et leur fille dans un terrible accident de voiture alors qu’il venait d’être élu sénateur à seulement 30 ans. En 2015, c’est son fils Beau qui a succombé à un cancer du cerveau. Selon Joe Biden, « la seule façon de surmonter son deuil est de trouver un purpose ». Et son but, aujourd’hui, c’est de « sauver notre démocratie » – une hyperbole qu’avait utilisée Obama la veille.

Le réveil de « Sleepy » Joe

Jeudi soir, Joe Biden a parlé de « respect », de « décence » et de « dignité ». Il n’a pas vraiment donné beaucoup de détails sur sa politique et son programme. Qui peut, au fond, se résumer à un troisième mandat « d’ObamaBiden ». Mais il a choisi de faire de cette élection une bataille morale entre les « ténèbres et la lumière », un référendum pour ou contre Donald Trump.

Ce dernier a visiblement réalisé que le discours de Biden, aux faux airs d’adresse présidentielle, avait été salué, y compris par Fox News, car il a assuré sur Twitter que ce n’étaient « que des mots ».

L’ancien porte-parole du parti républicain Doug Heye estime pour 20 Minutes que Joe Biden, une machine à gaffes qui perd souvent le fil de sa pensée, « s’est ressaisi au meilleur moment. Il a été très fort ». Donald Trump, qui l’appelle « Sleepy Joe », va peut-être devoir lui trouver un nouveau surnom.

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