Contre toute attente, Apple réhabilite le réseau social Parler

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Voilà plus de trois mois maintenant que les émeutes du Capitole ont écarté l’ancien président des États-Unis Donald Trump des réseaux sociaux. Début janvier, la véritable chasse aux sorcières ne s’est pourtant pas arrêtée à son éviction. Pour l’application « Parler », un réseau social se revendiquant bien moins strict que Facebook et Twitter dans sa modération, les conséquences furent tout aussi tragiques.

Google, Apple et Amazon, « sans consultation », ont fait le choix de bannir Parler à la suite de la forte montée en popularité de la modération des réseaux sociaux début janvier. Pour cette application née en 2018, la faute à une politique très libre en matière de liberté d’expression. Du fait de sa non modération, les partisans de Donald Trump s’y étaient réfugiés en nombre, bannis des autres plateformes.

Google et Apple avaient retiré l’application de leur Play Store et App Store respectif, et Amazon avait enfoncé l’épée en retirant les serveurs de Parler d’AWS (Amazon Web Services), son hébergeur.

Parler de nouveau sur l’App Store

Tout cela avait plongé le réseau social en pleine croissance dans un coma très significatif du climat actuel autour de la modération. Nous en avions décerné un édito le 10 janvier : « Parler, le dernier coup de pied dans la fourmilière », en partant d’un constat : si les réseaux sociaux ne modèrent pas, d’autres les modéreront.

Aussi importantes et sérieuses sont ces décisions, elles n’en cachent pas moins une certaine ironie. Apple a annoncé lundi 19 avril qu’il revenait sur sa précédente décision. À deux jours d’une audience sur la politique de son App Store, la société a fait le choix de réintégrer Parler sur son magasin d’application. Il sera de nouveau possible de télécharger le réseau social sur iOS. Google l’écarte toujours.

Les futurs utilisateurs retrouveront à quelque chose près l’application qu’ils avaient laissée en janvier. Mais Apple a souhaité ajouter une petite consigne : un bouton de configuration pour que les utilisateurs puissent ajouter des filtres en fonction de sujets qu’ils jugent « indésirables » auxquels ils souhaitent être écartés. De quoi accueillir une communauté plus large, car plus cloisonnée.

Parler, l’OVNI

En dépend de sa récupération politique, Parler a de quoi figurer comme l’OVNI des plateformes sociales sur la question de la modération. Aujourd’hui, particulièrement aux États-Unis avec l’article 230 de la loi sur la décence des communications, un vif débat plane sur la politique de modération des plateformes à en faire trop (courant de pensée majoritaire des républicains) ou pas assez (courant de pensée majoritaire des démocrates).

Parler était indispensable pour montrer que le débat, d’autant plus sur internet, ne se règle pas entre deux partis débattant sur le juste milieu précis d’une modération à leur avantage. Parler était dans l’extrême, mais son éviction a montré que le débat se trompait de cible : Internet n’est peut-être pas libre, mais les réseaux sociaux ne font pas la loi. Plus fort qu’eux (Google, Apple et Amazon en l’occurrence), peuvent prendre le pouvoir sur les décisions.

Depuis février, Parler s’est retrouvé une jeunesse sur la toile en ouvrant un nouveau serveur. Il serait « construit sur une technologie durable et indépendante et ne dépend pas de la soi-disant ‘Big Tech’ pour ses opérations », rapportait à l’époque le média Engadget. Le retour de sa disponibilité sur l’App Store en sera une renaissance bien plus efficace alors qu’une partie des 15 millions d’utilisateurs se connectaient à la plateforme sur leur iPhone par le passé.

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