Confrontée aux sanctions américaines, Huawei se résout à céder son unité Honor

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Confrontée aux sanctions américaines, Huawei se résout à céder son unité Honor

Comme attendu depuis quelques semaines, Huawei a finalement annoncé ce mardi sa décision de vendre sa sous-marque Honor au consortium Shenzhen Zhixin New Information Technology, dans un accord dont les conditions financières n’ont pas été divulguées mais qui pourrait atteindre les 15,2 milliards de dollars selon certaines informations de presse. La firme de Shenzhen a justifié cette vente par la guerre commerciale tous azimuts que lui livre l’administration Trump depuis maintenant plusieurs années.

“L’entreprise de consommation de Huawei a été soumise à une pression énorme ces derniers temps. Cela est dû à une indisponibilité persistante des éléments techniques nécessaires à notre activité de téléphonie mobile”, fait savoir l’état-major du géant chinois, premier fabricant de smartphone mondial, dans un communiqué. Pour la direction du groupe, “cette décision a été prise par la chaîne industrielle de Honor pour assurer sa propre survie. Plus de 30 agents et revendeurs de la marque Honor ont d’abord proposé cette cession”.

Une demande entendue par la direction du géant chinois, qui indique avoir cédé sa marque low-cost au consortium Shenzhen Zhixin New Information Technology, qui fédère ces plus de 30 revendeurs locaux ainsi que la société Shenzhen Smart City Development Group. Selon certaines informations, celle-ci détiendrait une très grande majorité des parts de Honor.

“Nous sommes impatients de voir Honor continuer à créer de la valeur pour les consommateurs et à construire un nouveau monde intelligent pour les jeunes”, indique la direction de Huawei, révélant que Honor, une sous-marque qui propose des téléphones à partir du milieu du marché des smartphones, a franchi le cap des 70 millions d’appareils vendus chaque année. Celle-ci révèle en outre qu’une fois que la transaction sera conclue, Huawei “ne détiendra aucune action ou ne sera impliqué dans aucune gestion d’entreprise ou activité décisionnelle” en rapport avec Honor. De quoi permettre à ce fabricant d’échapper aux sanctions de Washington, espère-t-on du côté de Shenzhen.

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Huawei s’en sort

Cette vente est en tout état de cause la première grande victime structurelle infligée à Huawei par les interdictions imposées par Washington. En septembre, le président tournant de Huawei Guo Ping a déclaré que la société continuerait à faire tout son possible pour renforcer sa chaîne d’approvisionnement, malgré la “grande pression” qu’elle subit et le fait qu’elle soit continuellement “attaquée”. “Huawei est dans une situation difficile ces jours-ci. Les agressions incessantes nous ont mis sous une pression importante”, concédait-il déjà à l’époque.

“Nous sommes toujours en train d’évaluer les impacts spécifiques. Pour l’instant, l’objectif est la survie”, révélait-il également, traduisant l’état de fragilité dans lequel se trouve aujourd’hui l’équipementier, même si ce dernier a récemment ravi la place de plus grand fabricant mondial de smartphones à son concurrent coréen Samsung.

Du côté de Shenzhen, le responsable de cette méforme est tout trouvé. “Les États-Unis nous attaquent sans cesse et ils ont modifié leurs lois pour la troisième fois, ce qui a posé de grands défis à notre production et à notre fonctionnement”, explique-t-on pour justifier cette mauvaise passe. Reste qu’au-delà de la rhétorique guerrière adoptée des deux côtés du Pacifique, Huawei continue à se développer.

Au troisième trimestre de l’exercice en cours, ses revenus ont encore augmenté de 9,9 %. “Tout au long des trois premiers trimestres de 2020, les résultats commerciaux de Huawei ont essentiellement répondu aux attentes”, se réjouit sa direction, qui voit également un signe positif dans l’approbation par les Etats-Unis de la vente de puces Qualcomm aux smartphones siglés Huawei.

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