Confinement : les assistantes maternelles finalement autorisées à accueillir des enfants – Le Monde

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Le suspense aura duré près de quarante-huit heures. A l’issue d’une réunion organisée en visioconférence avec le secrétaire d’Etat à l’enfance et aux familles, Adrien Taquet, la nouvelle est tombée, vendredi 2 avril en fin de journée : les assistantes maternelles pourront finalement accueillir des enfants lors des trois prochaines semaines, comme ce fut le cas lors des précédents confinements. Une clarification attendue depuis mercredi soir par les professionnelles, mais aussi par les nombreux parents qui utilisent ce mode de garde.

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Sur ce dossier, le gouvernement s’est en effet illustré par une gestion assez calamiteuse. Lors de son allocution, le chef de l’Etat avait annoncé la fermeture pour les trois prochaines semaines des crèches et établissements scolaires, sans dire un mot du maintien ou non de l’activité des assistantes maternelles. Ces quelque 304 000 professionnelles constituent pourtant le mode de garde le plus répandu pour les enfants de moins de 3 ans. Selon le dernier bulletin de l’Observatoire national de la petite enfance, en 2018, elles représentaient 33,2 % des places offertes pour les enfants de moins de 3 ans, les crèches 20,1 %, l’école préélémentaire 3,9 % et les salariés à domicile (les « nounous ») 2,1 %. Ces dernières pourront aussi continuer à garder les enfants.

Un protocole sanitaire communiqué dans les prochains jours

Jeudi après-midi, après une première annonce selon laquelle, « en cohérence avec les crèches », les assistantes maternelles ne pourraient pas accueillir d’enfant pendant les trois semaines à venir, un démenti est arrivé de Matignon quelques heures plus tard, renvoyant à des arbitrages attendus vendredi. Lesquels actent donc finalement l’inverse. Les assistantes maternelles travaillant pour des particuliers, mais aussi les maisons d’assistantes maternelles et les micro-crèches continueront finalement d’accueillir des enfants. Pour ces structures, la jauge est fixée à dix enfants, alors que certaines peuvent d’ordinaire en accueillir jusqu’à seize.

Dans un communiqué publié en fin d’après-midi, le secrétariat d’Etat précise toutefois que « le gouvernement recommande aux parents, dans un esprit de responsabilité collective, de ne pas recourir à ce système de garde, sauf en cas d’absolue nécessité, afin de tout faire pour freiner la circulation du virus ». Cependant, « en cas d’accueil ne pouvant être évité, un protocole sanitaire renforcé sera mis en place et communiqué aux professionnels dans les tout prochains jours. Dans ces conditions et compte tenu de la forte réduction attendue du nombre d’enfants accueillis par chaque professionnel pour les prochaines semaines, le gouvernement a décidé de ne pas suspendre ce mode d’accueil », explique le communiqué.

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Soulagement des parents, mais pas des professionnels

Pour bon nombre de parents, confrontés au stress de l’organisation des semaines futures, l’attente a été difficile à supporter, comme le raconte par exemple Juliette, mère d’une petite fille de 2 ans. « Depuis deux jours, je me demande comment je vais pouvoir gérer la semaine prochaine, si je vais devoir télétravailler avec ma fille sur les genoux », témoigne-t-elle, se disant « tellement soulagée » après l’annonce de vendredi.

Un soulagement qui n’est pas partagé par les syndicats des professionnelles, qui regrettent que la poursuite de l’activité ne se fasse pas sur la base du volontariat. « Comme lors des précédents confinements, les assistantes maternelles se retrouvent en première ligne », déplore l’Union fédérative nationale des associations de familles d’accueil et assistants maternels. « Même s’il va y avoir un appel à la responsabilité des parents employeurs, pour qu’ils ne fassent appel aux assistantes maternelles qu’en cas d’extrême nécessité, la possibilité d’être arrêtée dépendra du bon vouloir de l’employeur », renchérit Nathalie Diore, secrétaire confédérale de la Confédération des syndicats d’assistants familiaux et assistants maternels. Seule différence : elles sont désormais sur la liste des professions prioritaires pour demander que leurs propres enfants soient accueillis à l’école.

Hormis cela, les modalités prévues sont globalement les mêmes qu’au printemps dernier, avec un accueil qui peut être élargi à six enfants (contre quatre maximum habituellement). Si elles ne travaillent pas (sur décision du parent employeur), un dispositif d’« indemnités exceptionnelles » sera en vigueur, permettant aux assistantes maternelles de toucher 80 % de leur salaire.

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