Condamné à tort pour un viol il y a 23 ans, il demande à la justice de lui « rendre sa dignité » – Sud Ouest

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« Je vous confesse avoir menti, avait écrit Julie D. dans une lettre adressée au procureur de la République de Douai le 23 octobre 2017. Monsieur Farid E. n’est coupable de rien, je souhaite aujourd’hui rétablir la vérité. J’étais enfermée dans mon propre mensonge et coincée dans l’emprise du secret familial. »

Prison en sursis et 17 000 euros de dommages et intérêts

En 1998, la lycéenne de quinze ans accuse Farid E. d’être l’auteur d’attouchements et d’un viol commis la même année dans une petite ville du nord de la France. Lui ne cesse de clamer son innocence : « C’est impossible ! Je n’ai jamais eu de rapport sexuel ! », se défend-il. À 17 ans au moment des faits, il est incarcéré au quartier des mineurs de la maison d’arrêt de Loos, dans le nord de la France. « J’étais un enfant, j’avais 17 ans. J’ai souffert d’une manière que je vous laisse imaginer », se souvient-il aujourd’hui. Durant l’enquête, les différentes expertises psychologiques et gynécologiques soutiennent les accusations de la victime, capable d’évoquer les faits d’une manière certaine. Entre ses huit et douze ans, Julie D. est en fait victime d’« incestes répétés de la part de (son) grand frère », comme elle le dénonce des années plus tard, dans la lettre envoyée au procureur, à laquelle elle joint une plainte pour viol contre son frère.

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Farid E. est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, il est condamné à cinq ans de prison, dont quatre ans et deux mois avec sursis. Ses parents, au titre de la responsabilité civile, sont condamnés à verser 17 000 euros de dommages et intérêts. Le jeune homme est dès lors forcé de pointer tous les ans à la gendarmerie et est inscrit au Fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles et violentes.

« Détruire ma famille pour protéger la sienne »

23 ans après les faits, la Cour de révision a étudié une possible annulation du verdict rendu en 2003 par la cour d’assises du Nord. C’est « exceptionnel car cette cour se réunit peu souvent et elle le fait aujourd’hui à l’initiative du parquet et non pas du condamné », rappelle l’avocat de Farid E.

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