COMMENTAIRE. Vœux présidentiels : Emmanuel Macron « droit dans ses bottes » – Ouest-France

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Ce mardi soir, à l’occasion des vœux présidentiels, le président de la République a annoncé sans surprise que « la réforme des retraites sera menée à son terme ». Emmanuel Macron ne change ni de cap, ni de discours. Il ira jusqu’au bout malgré l’approche des élections. Mais c’est Édouard Philippe qu’il met en première ligne.

Emmanuel Macron lors de ses vœux présidentiels, ce mardi 31 décembre 2019. | MARTIN BUREAU / AFP

  • Emmanuel Macron lors de ses vœux présidentiels, ce mardi 31 décembre 2019.
    Emmanuel Macron lors de ses vœux présidentiels, ce mardi 31 décembre 2019. | MARTIN BUREAU / AFP
Il est debout, un drapeau européen et un drapeau français derrière lui. Comme l’an dernier. Et, comme l’an dernier, le chef de l’État est attendu sur la crise en cours. Celle des retraites, cette fois. C’est un Président moins assuré qu’à son habitude, plus figé et finalement très « droit dans ses bottes », qui prend la parole pour une longue allocution (plus de 20 minutes, la plus longue de l’histoire des vœux présidentiels…) au cours de laquelle il explique pourquoi il ne lâchera rien.

Le voilà rendu à la moitié de son quinquennat. D’habitude, c’est le moment du mandat où on renonce à agir avec vigueur, pour ne surtout plus mécontenter personne à l’approche des futures échéances électorales, rappelle Emmanuel Macron. Plusieurs de ses prédécesseurs l’ont fait ? Pas lui. C’est l’inverse qui doit se produire. Je prends ce soir devant vous l’engagement de consacrer toute mon énergie à transformer notre pays.

«Faut-il pour autant renoncer ? Non»

Il assure mesurer combien les décisions prises peuvent parfois heurter, susciter des craintes et des oppositions. « Faut-il pour autant renoncer à changer notre pays et notre quotidien ? Non, répond le chef de l’État. Les inquiétudes ne sauraient pousser à l’inaction, reste sa conviction. C’est pour cela que la réforme des retraites sera menée à son terme. Fermez le ban.

Même s’il dit avoir entendu sur ce sujet si important […] les peurs, les angoisses qui se font jour – et aussi beaucoup de mensonges et de manipulations, tacle-t-il au passage – le Président de la République ne dévie pas d’un iota. Les mots utilisés, les expressions, la musique générale de sa prise de parole restent dans le droit fil de ce qu’il déroule depuis le début de son quinquennat : Ma seule boussole est et sera l’intérêt de notre pays.

Comme souvent, il promet qu’il ne céder [a] rien au pessimisme ou à l’immobilisme. Égrène les bons chiffres des actions qui ont porté leurs fruits depuis son arrivée à l’Élysée (500 000 emplois créés depuis 2017, les créations d’entreprises en hausse, les investissements étrangers). Je vois les attentes, les impatiences, et je suis moi aussi, comme vous, impatient de voir la situation s’améliorer pour nous tous, plaide-t-il. Nous changeons les choses, mais il nous faut parfois rattraper parfois beaucoup de retard. Cela ne se fait pas en un jour.

En clair, pas question de changer de politique

En clair, pas question de changer de politique. L’accélérer, à la rigueur – c’était déjà l’air entonné l’an dernier – mais changer de cap, c’est non. Ses détracteurs et opposants s’attendaient-ils à autre chose ? C’est non tout autant.

Le seul élément inattendu dans cet exercice qui mêle depuis deux années consécutive tradition et communication de crise, c’est une prise de recul du Président. Pour mener à bien la réforme des retraites, pour vous, avec les organisations syndicales et patronales qui le veulent, j’attends du Gouvernement d’Édouard Philippe qu’il trouve la voie d’un compromis rapide, précise-t-il, en s’abstenant de toute annonce.

La phrase est à double tranchant : elle dit tout à la fois la confiance du Président dans le Premier ministre tout en mettant la pression la pression sur ce dernier. Elle montre aussi que le chef de l’État a tiré au moins un enseignement de la crise des Gilets jaunes. Il ne faudrait pas que ce soit la seule concrétisation de la nouvelle méthode de gouvernement promise à la faveur de l’entrée en vigueur de l’Acte II du quinquennat. Ce serait léger. La suite en 2020 ?

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