Comment le travail à distance et les nouveaux modes de travail s’ancrent en entreprise

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Comment le travail à distance et les nouveaux modes de travail s’ancrent en entreprise

Selon une étude de Terra Nova conduite en avril, le télétravail a été une révolution pour une part conséquente des salariés français. 42 % des répondants ont ainsi découvert le travail à distance à l’occasion du confinement. Pourtant, un accord d’entreprise sur le télétravail préexistait dans leur organisation pour plus de la moitié d’entre eux.

C’était notamment le cas au sein de Cadremploi, une entreprise spécialisée dans le recrutement sur Internet. Un premier accord sur le télétravail a ainsi été formalisé en 2017 avec les organisations syndicales. Il a été complété par la suite en 2018 et 2019.

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Un avenant télétravail pour un tiers des salariés de Cadremploi

« Depuis 2019, nous avons un accord extrêmement ouvert sur l’organisation en télétravail. Grâce à ce cadre, nous avons pu assouplir au fil du temps. En 2017, il avait fallu beaucoup rassurer le management. Mais en 2020, à la veille de la crise sanitaire, un tiers déjà des collaborateurs disposait d’un avenant formalisant une à deux journées de télétravail par semaine » détaille sa DRH, Lise Ferret.

Pour un autre tiers des salariés, le recours au télétravail était plus « exceptionnel ». Le tiers restant a « dû être embarqué très rapidement ». Basculer l’ensemble des équipes en travail à distance représente cependant un changement radical d’échelle. Et cela suppose au préalable la formation des managers, souligne la DRH.

Ce volet était prévu dans l’accord télétravail de 2017. L’entreprise a néanmoins mené de nouvelles actions de formation au cours des 10 premiers jours du confinement. La finalité était une sensibilisation aux bonnes pratiques, notamment en termes de rituels à mettre en place. L’accord prévoyait d’ailleurs une charte des bonnes pratiques.

Les outils sont également importants, insiste Lise Ferret. Cadremploi a complété son équipement, en particulier sur la partie visioconférence. « Nous disposions déjà de Slack pour faire des visios. Nous avons néanmoins aussi déployé Google Meet en un week-end pour multiplier les canaux et s’assurer de pouvoir couvrir les différentes tailles de réunion », témoigne-t-elle.

Les tableaux de bord, plutôt une pratique Produit, présentent eux aussi un intérêt pour le suivi des missions. Des logiciels comme Trello et Monday répondent à ces besoins, surtout dans un mode 100 % à distance.

Pérenniser à présent de « belles avancées »

Pour Lise Ferret, il importe désormais de « positiver sur ces belles avancées » introduites dans l’organisation du travail à l’occasion du confinement. La DRH anticipe un développement du télétravail avec la disparition des dernières réticences qui pouvaient être exprimées par des managers.

Au sein du cabinet de conseil en stratégie Square, la posture à l’égard du travail à distance a ainsi radicalement changé. « Les pratiques de télétravail étaient inexistantes. Ce n’était pas dans la culture d’entreprise. Ce n’était pas non plus, ou peu, dans la culture d’entreprise de nos clients », témoigne Vincent Canchon, directeur général en charge des opérations chez Square.

Il revendique néanmoins une adaptation rapide à cette situation inédite, au travers notamment de la publication de guides de bonnes pratiques du télétravail et du management pour l’accompagner. Cette adaptation s’imposait pour « maintenir la vie de l’entreprise, poursuivre les travaux de nos communautés d’experts ou assurer la dispense de notre programme annuel de formations ».

Pour les décisions de direction et de management ont par exemple été mises en place deux réunions quotidiennes en visioconférence. Et preuve que les évolutions adoptées lors du confinement sont amenées à s’inscrire dans la durée, ces rendez-vous seront conservés après la crise.

« J’ai vu tout de suite l’opportunité qu’il y avait à ancrer dans les esprits le fait que les fonctions de management ne nécessitaient pas systématiquement la présence physique de tous les invités dans une même salle », déclare Vincent Canchon. Les participants interviennent désormais lors de ces rendez-vous depuis différents lieux. La raison : gagner en temps et en efficacité en apportant plus de souplesse, « un enjeu majeur pour le futur », insiste le dirigeant.

La souplesse, « un enjeu pour le futur »

« La question fondamentale n’est plus où tu es, mais où tu en es. Où tu es, c’est désormais une question du passé. Cette crise va bousculer de vieilles habitudes et nous obliger à repenser nos pratiques managériales », poursuit-il.

L’organisation du travail au sortir de la crise introduira donc une plus grande souplesse, via notamment la prise en compte d’une dose de travail à distance. Ces évolutions sont présentées comme bénéfiques à la qualité de vie au travail, mais sources également d’une amélioration des performances.

Pour Lise Ferret, le principal chantier consistera à trouver un équilibre en le tout distant et le tout présent. Ce point est aussi souligné par Vincent Canchon. « Il faut trouver le moyen de continuer à créer du lien et un sentiment d’appartenance à l’entreprise » dans cette nouvelle organisation. Dynamique de groupe, qualité de vie en télétravail, préservation de la frontière en vie personnelle et professionnelle sont d’autres points d’attention à prendre en compte.

Mais la crise du Covid a également mis en évidence la nécessité de repenser le lieu de travail. Chez Cadremploi, des salariés ont ainsi déjà exprimé le souhait de se délocaliser hors de Paris, où se situe le siège.

« Nos espaces de travail, nous allons devoir les raisonner avec une modularité plus forte et une capacité d’aménagement encore plus agile », considère la DRH. Et cela aura un impact sur les m2 de bureaux nécessaires. Ce paramètre sera pris en compte lors du déménagement de la société, prévu en septembre.

D’autres entreprises anticipent une baisse de la superficie des bureaux pour intégrer le télétravail et le recours par certains collaborateurs à des espaces de coworking. « Je ne vois pas comment les directions générales et financières des grands groupes ne profiteraient pas de l’occasion pour rationaliser leurs dépenses immobilières et énergétiques », pointe le directeur général de Square.

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