Comment la technologie soutient les programmes d’aide humanitaire

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Comment la technologie soutient les programmes d'aide humanitaire

Cet automne, le prix Nobel de la paix pour 2020 a été décerné au Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. Fondé en 1961, le Programme a soutenu l’année dernière environ 100 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde.

La technologie joue un rôle clé dans son travail. Elle est visible dans tous les domaines de la logistique et de la livraison (le programme utilise chaque jour jusqu’à 5 600 camions, 30 navires et 100 avions pour effectuer ses livraisons) à la promotion de l’agritech, au soutien aux réfugiés et à la facilitation d’autres services humanitaires par le biais de la téléphonie mobile.

Son système de suivi de la faim, HungerMap LIVE, utilise de grands jeux de données et le machine learning pour afficher la sécurité alimentaire mondiale en temps quasi réel.

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1. Dons sur smartphone

ShareTheMeal permet aux utilisateurs de nourrir un enfant pour 0,80 dollar par jour en utilisant Apple Pay et d’autres méthodes de paiement. Les dons peuvent être ponctuels ou sous la forme d’un abonnement mensuel, trimestriel ou annuel. C’est l’une des premières idées à avoir vu le jour grâce au programme accélérateur du PAM.

Près de 690 millions de personnes ont souffert de la faim en 2019. Les données publiées par les Nations unies, l’Unicef, l’OMS et le PAM cet été, révèlent que ce nombre a augmenté de 10 millions par rapport à 2018, et de près de 60 millions au cours des cinq dernières années. La crise de la Covid-19 « pourrait faire basculer plus de 130 millions de personnes supplémentaires dans la faim chronique d’ici à la fin de 2020 », selon les estimations des chercheurs.

Lancée en 2015, l’application ShareTheMeal a une communauté de plus de 1,3 million d’utilisateurs. En août 2020, les utilisateurs ont donné plus de 80 millions de repas à des enfants dans le besoin : « ces dons ont aidé certaines des opérations les plus critiques du PAM, notamment au Yémen, en Syrie et au Sud Soudan ».

2. Former aux compétences numériques au Moyen-Orient

Selon les données de l’ONU, « 85 % des réfugiés sont accueillis par des pays en développement qui sont aux prises avec leurs propres problèmes socio-économiques et leurs taux d’emploi difficiles ». Par conséquent, « les chances que ces réfugiés deviennent un jour financièrement autonomes sont très faibles, ce qui entraîne une dépendance continue et insoutenable à l’égard de l’aide internationale ». En réponse, le projet Empact, anciennement connu sous le nom de Tech for Food, aide les jeunes adultes touchés par la guerre en Syrie, et les communautés d’accueil souffrant d’insécurité alimentaire au Liban et en Irak, à acquérir des compétences numériques, qui peuvent à leur tour contribuer à créer des emplois et à améliorer la sécurité alimentaire.

En commençant par un cours de six semaines couvrant les compétences informatiques de base, comme l’utilisation d’internet, ainsi que de Microsoft Office et Adobe Photoshop, les participants peuvent ensuite suivre une formation complémentaire, un apprentissage et un travail en ligne.

« Depuis 2016, le programme Empact du PAM a formé plus de 6 670 étudiants sur 12 campus au Liban et en Irak », indique le site web d’Empact, qui précise également que 65 % des participants sont des femmes. « En Irak, près de 20 % des étudiants ont généré un revenu grâce au travail en ligne et 33 % des anciens élèves ont été employés quatre mois après avoir obtenu leur diplôme. » L’objectif de cette initiative est de former 20 000 étudiants d’ici la fin de 2020 et 100 000 personnes dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord au cours des cinq prochaines années.

3. L’aide humanitaire et les transferts sur mobile

Cet été, la GSMA et le PAM de l’ONU ont annoncé l’élargissement de leur partenariat, dans le cadre du programme GSMA Mobile for Humanitarian Innovation scheme. L’un des principaux axes de ce travail concerne les transferts numériques en espèces pour sauver des vies dans les situations d’urgence mondiales, y compris les pandémies et les catastrophes naturelles.

Au Kenya, le PAM a utilisé des téléphones portables pour distribuer des espèces dans le cadre d’un programme qui distribue de l’argent par téléphone portable aux réfugiés pour l’achat de nourriture. Bien que le système ne soit pas sans difficultés, il encourage l’autonomie et l’efficacité. En 2019, dans le monde, un peu moins de 28 millions de personnes ont été aidées de cette manière par le PAM. L’ONG a transféré 2,1 milliards de dollars à des personnes dans 64 pays, permettant ainsi aux bénéficiaires de dépenser cet argent comme ils l’entendent.

Pendant ce temps, en Irak, des fonds d’urgence – à hauteur de 6,25 millions de dollars – du Bureau d’aide humanitaire de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), seront utilisés de cette manière pour aider à fournir une aide alimentaire sur une période de trois mois à environ 80 000 Irakiens déplacés à l’intérieur du pays et 22 000 réfugiés syriens. Les paiements sans espèces permettent « aux gens d’acheter de la nourriture dans les magasins des camps directement par le biais de leur téléphone portable, sans contact », selon l’ONU. A l’époque de la Covid-19, « les transactions sans espèces réduisent le risque de contracter ou de propager le virus et évitent aux gens de se déplacer inutilement hors du camp ».

4. Des épiceries via blockchain

En Jordanie, le projet Building Blocks exploite la technologie de la blockchain pour permettre à plus de 106 000 réfugiés syriens d’acheter des produits alimentaires dans les magasins locaux en utilisant des scanners de l’iris au lieu d’argent liquide, de bons d’achat ou de cartes de crédit.

Dans le cadre du programme Building Blocks pour les réfugiés syriens en Jordanie, une femme paie sa nourriture dans un supermarché grâce à un scanner de l’iris. Image : PAM/Mohammad Batah.

L’année dernière, le PAM a déclaré que plus de 64 millions de dollars avaient été déboursés dans le cadre de ce programme pilote. Son rapport annuel note que cette initiative a permis de distribuer 3 millions de dollars de soutien chaque mois, et que cette méthode a contribué à économiser 98 % des frais de transaction financière.

Le PAM explique que ce système « s’appuie sur une blockchain privée et autorisée, et intégrée à la technologie d’authentification biométrique existante du HCR, le PAM a un enregistrement de chaque transaction. Cela permet non seulement d’économiser des frais de transaction financière dans le camp, mais aussi d’assurer une plus grande sécurité et une meilleure confidentialité aux réfugiés syriens ».

5. Culture d’aliments hors-sol

Parallèlement, en Algérie, le PAM a soutenu le projet H2Grow pour créer des jardins hydroponiques dans des environnements désertiques. Les méthodes hydroponiques utilisent environ 90 % d’eau en moins que l’agriculture traditionnelle, et la technique a été utilisée pour la première fois pour soutenir les réfugiés sahraouis semi-nomades vivant au Sahara occidental.

Environ 25 % de cette population souffre de malnutrition chronique, les mauvaises conditions de l’agriculture affectant le bétail, ainsi que les humains.

En Algérie, 200 unités hydroponiques produisent du fourrage animal de manière rapide et rentable, ce qui permet d’augmenter la production de lait et de viande de chèvre, et la communauté en dépend. Les leçons tirées de cette expérience sont appliquées à des initiatives menées dans des environnements tout aussi difficiles au Pérou, au Tchad, en Jordanie et au Soudan.

Source : ZDNet.com

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