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Climat : pourquoi la plainte de Greta Thunberg vise la France et pas les plus gros pays pollueurs – Le Parisien

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Ont-ils tendu des bâtons pour se faire battre? Depuis l’annonce de leur procédure juridique contre cinq pays, dont la France, à cause de leur inaction climatique supposée, Greta Thunberg et quinze autres jeunes activistes sont la cible de nombreuses critiques.

« Toutes les mobilisations de notre jeunesse ou des moins jeunes sont utiles. Mais il faut qu’elles se concentrent maintenant sur ceux qui sont le plus loin, ceux qui essaient de bloquer », a asséné lundi Emmanuel Macron. Plusieurs ministres français leur ont également reproché de ne pas « mettre de solutions sur la table ».

En cause ? L’absence, parmi ces cinq Etats, de plusieurs des plus gros pollueurs de la Terre. La Chine, l’Inde et les Etats-Unis, par exemple, n’y figurent pas. On vous explique pourquoi.

Une Convention, et plusieurs protocoles

Pour lancer leur procédure, ces jeunes militants s’appuient sur la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant. Ils estiment que l’inaction des dirigeants des pays visés est une atteinte à ce texte signé le 2 septembre 1990, et depuis ratifié par 196 pays.

Mais pour que leur action soit juridiquement recevable, les jeunes doivent viser des pays ayant signé et ratifié un protocole additionnel. Ce texte, adopté le 19 décembre 2011, permet en effet de saisir directement le Comité des droits de l’enfant.

Seuls 45 pays ont signé et ratifié ce protocole depuis 2011. On y retrouve notamment la France, la Turquie, le Brésil, l’Allemagne, et l’Argentine, c’est-à-dire les cinq pays attaqués.

Les Etats-Unis n’ont même pas ratifié la Convention

Dix-huit pays ont par ailleurs signé le protocole, mais ne l’ont pas ratifié. C’est le cas, par exemple, de l’Autriche, du Sénégal, ou de Malte.

Parmi les 196 Etats ayant ratifié la Convention, la majorité dont la Chine n’a donc même pas signé le protocole additionnel. Ils sont donc inattaquables juridiquement au sens du droit des enfants. Tout comme les Etats-Unis qui eux sont même le seul pays à ne pas avoir ratifié le texte officiel de 1991 protégeant les droits des enfants.

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Cet organe des Nations Unies pourra « entrer en action dès qu’il reçoit des informations sérieuses sur des violations graves » de la Convention, explique sur son site l’ONG Humanium, spécialiste des droits des enfants.

« Aucun pouvoir » de sanction

Contacté par le Parisien, le Comité des droits de l’enfant indique qu’il regardera d’abord si la procédure des jeunes militants est admissible. « Il faut [notamment] que les enfants soient d’abord allés au bout de la procédure juridique dans leurs pays respectifs, et qu’ils soient bien concernés par ce qu’ils dénoncent », nous détaille Marta Hurtado, porte-parole du Haut Commissariat des Droits de l’Homme, qui chapeaute le Comité.

La procédure « va durer des mois, voire des années », souligne Marta Hurtado. Mais, même si les dix-huit experts pointent au final certaines défaillances, il n’a « aucun pouvoir » de sanction à part « celui de rappeler aux pays qui ont ratifié le protocole qu’ils doivent le respecter », reconnaît encore la porte-parole.

Pourquoi les jeunes se sont-ils arrêtés à ces cinq pays, et n’en ont pas visé davantage parmi les 45 ? Avec le cabinet d’avocats qui les accompagne, ils ont justifié un choix symbolique par l’influence et le poids de ces cinq Etats sur la scène diplomatique mondiale.

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