Classe à distance : Quand Jean-Michel Blanquer dénigre OVHcloud

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Classe à distance : Quand Jean-Michel Blanquer dénigre OVHcloud

Après les annonces d’Emmanuel Macron le 31 mars dernier, l’école à la maison faisait ses débuts ce mardi 6 avril dans toute la France, pour 12 millions d’élèves. Avec son lot de problèmes. De nombreux bugs étaient signalés par des professeurs, des parents et des élèves. La cause de ces soucis ? Des serveurs informatiques inaccessibles ou défaillants.

En matinée, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, trouvait rapidement le coupable : « des attaques informatiques apparemment venues de l’étranger pour empêcher les serveurs de fonctionner ». Diable ! Une cinquième colonne en action ! Le système de gestion de vie scolaire Pronote et les services du CNED étaient de ce fait touchés.

Puis il a fallu expliquer un peu plus les nombreuses défaillances constatées sur les espaces numériques de travail (ENT), qui dépendent des collectivités locales. « Ce matin, nous avons identifié des problèmes de connexion en Ile-de-France, dans le Grand-Est, en Normandie, vers Orléans-Tours », indiquait Sophie Vénétitay, du syndicat Snes-FSU. Là, ce fut la faute d’OVHcloud. Le ministre évoquait un opérateur « qui a eu un incendie à Strasbourg il y a quelque temps et qui n’a pas pu faire face à l’afflux de connexions ce matin ». Prends ça, OVHcloud. « J’espère que les collectivités locales concernées vont pouvoir, avec les opérateurs privés, rétablir très vite cette connexion », disait t-il.

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« A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles »

« Cette information donnée par Mr le ministre est erronée. Les problèmes de performance de certaines applications ne sont pas dues à OVHcloud et cela n’a rien à voir avec Strasbourg !!! », vitupère Michel Paulin, le DG d’OVHcloud, sur Twitter.

En attendant, un laconique message s’affichait sur les écrans des parents qui souhaitaient se connecter au service : « à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles (…) Pour permettre à chacun d’accéder à son réseau éducatif dans de bonnes conditions, nous avons limité le temps des sessions et instauré une logique de quota. Quand le nombre d’utilisateurs maximum est atteint, il vous faut patienter pour y accéder à votre tour. Désolé pour cette contrainte, revenez et essayer à nouveau d’ici quelques minutes ».

Le ministre de l’Education avait pourtant assuré que tout était « prêt » pour un nouvel épisode d’école à distance.

En une année, aucune leçon n’a été tirée par l’Education nationale

Dans un communiqué, le ministère de l’Education nationale a précisé que les problèmes de connexion n’avaient pas lieu partout et que « 500 000 élèves et professeurs » avaient accédé aux plateformes ce mardi, et que « 150 000 classes virtuelles » avaient eu lieu. « Ca s’est bien passé, j’ai eu une heure de cours de maths. Le cours est passé plus vite que quand il a lieu dans la salle de cours. Tout le monde a réussi à se connecter à l’heure », témoignait en ce sens un élève de 6e, Léo, 11 ans.

Il semble en tous les cas qu’en une année, aucune leçon n’ait été tirée par l’Education nationale. L’an dernier, lors du premier confinement, l’école à la maison avait connu les même difficultés : réseaux saturés et espaces de travail inaccessibles. « On se retrouve exactement dans la même situation que l’an dernier. On a l’impression qu’aucune leçon n’a été tirée. Il y a beaucoup de colère et d’amertume », expliquait Sophie Vénétitay.

Une situation qui renforce la difficulté pour les parents d’élève de produire à la maison dans le cadre de leur activité de télétravail. Car ce sont des millions de parents qui doivent concilier télétravail et école à la maison, avec des cours assurés à distance par les enseignants (lire : “Télétravail avec des enfants : quelques conseils et expériences vécues pour s’en sortir“).

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