Cisjordanie, Jordanie, Liban… le conflit s’amplifie – Libération

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Après Gaza et les villes mixtes d’Israël, théâtres ces derniers jours d’affrontements inédits entre citoyens juifs et arabes, un nouveau front dans les violences qui secouent la région s’est ouvert vendredi en Cisjordanie. Aux quatre coins du territoire palestinien, de Naplouse à Jénine et de Jéricho à Ramallah, des manifestants sont descendus dans les rues, répondant au mot d’ordre d’un «jour de colère» et de solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Des rassemblements inédits depuis la deuxième intifada, il y a plus de quinze ans.

Des affrontements ont éclaté avec les soldats israéliens, visés notamment par des jets de pierre et des cocktails Molotov. Selon le ministère palestinien de la Santé, au moins dix Palestiniens ont été tués, pour la plupart par des tirs à balles réelles, et plus de 150 manifestants ont été blessés. En Jordanie, des milliers de personnes ont aussi défilé en soutien avec les Palestiniens, notamment dans la capitale Amman. Un rassemblement a également eu lieu au sud du Liban, à la frontière avec Israël. Un Libanais de 21 ans a succombé à des tirs israéliens contre un groupe de manifestants, dont certains auraient tenté de pénétrer sur le territoire de l’Etat hébreu. Enfin, trois roquettes ont été tirées dans la soirée depuis la Syrie en direction d’Israël, les premières depuis le début de l’escalade de violences.

Sur le front gazaoui, l’heure n’est pas non plus à l’accalmie. «Ce n’est pas fini», a prévenu vendredi soir le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, soulignant que les raids sur l’enclave palestinienne, qui ont fait depuis lundi au moins 122 morts dont une trentaine d’enfants, allaient se poursuivre. «J’ai dit que nous infligerions de sérieux revers au Hamas et à d’autres groupes terroristes. Ils payent et continueront de payer chèrement», a-t-il martelé, martial. Nétanyahou, dont les services de renseignement avaient visiblement sous-estimé la capacité balistique du Hamas, est déterminé à dévaster les infrastructures et le commandement du mouvement islamiste, dont les tirs incessants de roquettes et de missiles sur Israël – plus de 1 800, interceptés à 90 % par le bouclier Dôme de fer – ont fait neuf morts (dont 2 enfants) et des centaines de blessés.

Opération de désinformation

La perspective d’une incursion terrestre, comme lors de la guerre de 2014, n’est pas écartée. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’armée israélienne a d’ailleurs laissé entendre que des troupes au sol étaient entrées à Gaza, avant de démentir quelques heures plus tard, invoquant un couac de communication. Mais selon plusieurs médias israéliens, il s’agissait peut-être d’une opération planifiée de désinformation visant à inciter les militants du Hamas et du Jihad islamique à se réfugier dans les tunnels, pour mieux les bombarder. En l’espace de 40 minutes avant l’aube, l’aviation israélienne a ainsi mené son raid le plus intense de la semaine : 160 avions mobilisés et 150 cibles frappées.

Sur le plan diplomatique, le conseil de sécurité de l’ONU tiendra dimanche sa première réunion publique sur le sujet et son secrétaire général appelé en vain à une «cessation des hostilités». La tentative de médiation égyptienne n’a rien donné, Israël refusant catégoriquement à ce stade, selon plusieurs sources, d’envisager un cessez-le-feu. Le président français, qui a pu s’entretenir vendredi avec Benyamin Nétanyahou, a insisté sur «l’urgence d’un retour à la paix», évoquant à la fois «le droit à se défendre» d’Israël et «sa préoccupation au sujet des populations civiles de Gaza».

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