Cinq questions autour de la polémique Sanofi – LCI

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Cinq questions autour de la polémique Sanofi | LCI

































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VACCIN – Après avoir assuré mercredi 13 mai que les Etats-Unis auraient la primeur d’un éventuel futur vaccin, le laboratoire Sanofi rétropédale ce jeudi, sans pour autant éteindre la polémique. Et renvoie la balle à l’Europe, où la recherche patine.

S’il venait à découvrir un vaccin efficace contre le Covid-19, le laboratoire Sanofi a assuré, par le biais de son directeur général Paul Hudson, que les Etats-Unis en bénéficieraient en premier. Alors que la recherche bat son plein pour tenter de découvrir au plus vite un remède à cette pandémie, cette annonce a suscité de vives réactions, en France bien sûr, mais également dans la communauté européenne. Retour sur une polémique en cinq questions.

Pourquoi les Etats Unis auraient-ils la primeur du vaccin ?

“Le gouvernement américain a le droit à la plus grosse pré-commande parce qu’il a investi dans un risque”, a estimé Paul Hudson dans un entretien à l’agence de presse Bloomberg, publié mercredi 13 mai. Selon lui, Washington “partage les risques” des recherches menées par le laboratoire français, dans le cadre d’un partenariat avec l’Autorité pour la recherche et le développement avancés dans le domaine biomédical (Barda). 

Mais c’est aussi en raison de la présence de cinq usines du laboratoire sur le sol américain (le groupe en possède 11 au total dans le monde) que Washington aurait la priorité dans la livraison d’un vaccin. “Il est possible qu’à cause de cela le gouvernement américain demande de vacciner les Américains en premier, et que l’Europe passe après”, avait alors déclaré Paul Hudson lors de la présentation des résultats trimestriels de Sanofi, le 24 avril dernier, comme le rappelle Les Echos

Dans le cas où un vaccin était découvert, il serait produit en effet dans l’une des usines présentes aux Etats-Unis. Il ne s’agit pas de donner la priorité aux Américains mais à ceux qui sont capables de produire un tel vaccin, a jugé pour sa part le Pr Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuse de l’hôpital Tenon, sur LCI. L’avance des Etats-Unis sur le reste du monde ne serait que de quelques jours ou de quelques semaines, selon le directeur général.

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Le président de Sanofi assure que “le vaccin sera accessible pour tous les pays”

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Quelles réactions ces propos ont-ils suscité ?

Ce jeudi matin sur Sud Radio, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat à l’Economie, n’a pas manqué de réagir à la prise de position du laboratoire français, la jugeant “inacceptable”. “Pour nous, ce serait inacceptable qu’il y ait un accès privilégié de tel ou tel pays sous un prétexte qui serait un prétexte pécuniaire”, a-t-elle assuré, admettant toutefois le léger “correctif” de la branche française sur LCI plus tôt ce matin (voir ci-dessus) : “Le patron de Sanofi France m’a confirmé que le vaccin serait accessible partout, sinon c’est inadmissible”. 

Et la prise de position du laboratoire a irrité jusqu’au plus haut niveau de l’Etat : après Edoaurd Philippe, c’est Emmanuel Macron qui est monté au créneau : “Le vaccin doit être un bien public mondial. Il doit être exclu des lois du marché”, a réaffirmé l’Elysée, qui a pris rendez-vous avec les représentants du groupe pharmaceutique la semaine prochaine. 

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Le groupe maintient-il sa position ?

Ce jeudi matin, face à l’indignation générale, Sanofi France s’est donc vu obligé de rectifier le tir en envoyant son président, Olivier Bogillot, s’expliquer dans les médias. “Quand on aura un vaccin efficace, il sera accessible à tous les pays et en particulier aux Français”, a assuré ce dernier sur LCI. Cependant, il est “logique” selon Olivier Bogillot, que “la production faite aux Etats Unis aille aussi au marché américain”, du fait de leur mobilisation rapide et de leur aide “sur les aspects réglementaires”. Avant de souligner que l’Europe, elle, était “moins bien organisée” dans la recherche vaccinale.

Sanofi met-elle la pression sur l’Europe ?

La polémique intervient alors que Sanofi est loin d’avoir trouvé un vaccin : le laboratoire en est en réalité au stade du projet et n’a engagé aucun essai clinique pour le moment. Alors, quel intérêt aurait le laboratoire à préférer les Etats-Unis dans l’acquisition d’un vaccin qui n’existe même pas encore ? Avertir l’Europe ? 

“L’Union européenne aura elle aussi un vaccin”, a exposé le président de Sanofi France, toujours sur LCI, mais “à condition qu’elle se mobilise à la même vitesse que les font les Etats-Unis”. Ainsi, les Américains “sont partis plus tôt”, notamment car ils “sont plus structurés”, a indiqué le directeur général, expliquant qu’il est “compliqué d’avoir un interlocuteur unique dans l’Union européenne”. Pour preuve, outre-Atlantique, les discussions se font “depuis janvier”, tandis qu’elles n’ont lieu que depuis “quelques semaines” avec l’UE. Cependant, Olivier Bogillot a tenu à saluer la “mobilisation” de la France, qui “nous aide au niveau européen pour accélérer les choses”. “Le vaccin contre le Covid-19 doit être un bien d’utilité publique et son accès doit être équitable et universel“, a déclaré pour sa part le porte-parole de la Commission européenne, Stefan de Keersmaecker.

Il faut dire la recherche européenne d’un traitement contre le virus patine -pour l’heure, l’essai Discovery présente des conclusions peu satisfaisantes, faute de patients- et que le manque de coopération à l’échelle du continent est régulièrement critiqué depuis le début de la crise.  

Quel est ce partenariat avec les Etats-Unis ?

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Sanofi s’est lancé dans la course contre le virus à la mi-février en annonçant un accord de coopération avec l’Autorité Barda, dépendant du ministère américain de la Santé. Et Barda a déjà contribué dans la recherche, développée par la branche Sanofi-Pasteur, à hauteur de 30 millions, selon Paul Hudson, et a bâti une relation de confiance avec le laboratoire français, comme le relate Bloomberg. En décembre, l’Autorité américaine a fait un don de 226 millions de dollars pour que Sanofi augmente ses capacités de production de vaccins contre la grippe.

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