Advertisements

Cinéma et SVOD : compatibles ou pas ?

Spread the love

L’étude réalisée auprès de 2 520 Américains (2 015 répondants ayant vu au moins un film en salle dans les 12 derniers mois et 505 autres répondants qui n’ont vu aucun film en salle sur les 12 derniers mois), indique qu’il y a une « relation positive » entre la fréquentation des salles de cinéma et la pratique du streaming vidéo : les Américains qui se rendent fréquemment au cinéma ont tendance à consommer plus fréquemment des programmes en streaming.

Plus on va au cinéma, plus on regarde de la SVOD

Parmi les Américains à double consommation (DC) qui sont allés au cinéma au maximum deux fois au cours des 12 derniers mois, 35 % ont regardé des programmes en streaming moins de 4 heures par semaine. Pour cette catégorie, la durée moyenne de consommation de programmes en streaming est de 7 heures par semaine. 

A l’opposé, parmi les Américains à double consommation, qui sont allés au cinéma 9 fois ou plus au cours des 12 derniers mois, 61% ont utilisé des services de streaming plus de 8 heures par semaine en moyenne, et 35% y ont consacré plus de 15 heures par semaine. 

Si on ne va pas au cinéma, moins d’attrait pour le streaming

La deuxième observation de l’étude indique que près de la moitié de ceux qui n’ont pas fréquenté un cinéma au cours des 12 derniers mois n’ont pas regardé de programmes en streaming. Mais dans cette population a priori peu cinéphile, on constate que 24% ont quand même passé plus de 8 heures par semaine à visionner des programmes sur des plateformes vidéo. 

Les séries sont les programmes préférés 

L’étude montre que les assidus des salles obscures sont de bons clients pour la SVOD, comprenez que pour que la SVOD continue de se développer, mieux vaut que les spectateurs du monde entier continuent d’aller au cinéma. Pourtant, les programmes les plus regardés ne sont pas les films de cinéma, mais les séries. Bien que la chronologie des médias américaine soit très courte, le public américain privilégie les séries. Pas vraiment une surprise puisque les plateformes de SVOD ont largement misé sur les séries dont le pouvoir de fidélisation est nettement plus fort, même si tous les épisodes sont mis en ligne simultanément, que quelques dizaines de films souvent inégaux en qualité.

12% des Américains répondants sont des gros utilisateurs 

Pour synthétiser le comportement du public, EY identifie 5 groupes comportementaux parmi les 1734 répondants qui sont des doubles consommateurs :

  • Groupe 1 : Va peu au cinéma et utilise peu le streaming 19% 
  • Groupe 2 : Va beaucoup au cinéma et utilise peu le streaming 7%
  • Groupe 3 : Va peu au cinéma mais utilise beaucoup le streaming 9%
  • Groupe 4 : Va beaucoup au cinéma et utilise beaucoup le streaming 12%
  • Groupe 5 : Seuls 811 des 1834 répondants sont dans les 4 premiers groupes. La majorité des autres doubles consommateurs, soit 923 répondants ont déclaré se rendre entre 4 et 6 fois au cinéma par an et utiliser le streaming entre 5 et 10 heures par semaine. Ils constituent le groupe le plus important, soit 53% des répondants.

Comment les films sortis en salle impactent la consommation en streaming

Etant donné que les services de streaming proposent à la fois des films sortis en salles et des films originaux proposés directement sur leur plateforme, EY a demandé aux répondants s’ils savaient quels films étaient sortis en salle et quels films n’étaient pas passés par une sortie salle. 16% disent toujours le savoir, 35% sont généralement au courant, soit 51% des répondants.

Et les répondants qui sont au courant de la sortie en salles des films sont plus susceptibles de visionner un film en streaming quand ils ont su qu’il était sorti en salles.

Que retenir de cette étude ? Sans doute que cinéma et streaming sont complémentaires et qu’ils ne s’inscrivent pas nécessairement dans un schéma de confrontation directe. A la différence de la télévision qui se regarde sur le même écran que la SVOD et très souvent à des horaires identiques, le cinéma répond à une logique différente. Et ce n’est pas étonnant que les cinéphiles qui fréquentent régulièrement les salles obscures soient aussi des SVODistes assidus. A l’heure de la nouvelle loi audiovisuelle, cette étude (même si elle concerne le public américain) peut aussi aider à mieux comprendre les usages du public et à les prendre en compte, ce qui contre balancera la vision “métier”, la plus souvent prise en compte dans les textes réglementaires.

Advertisements

Leave a Reply