“Choqués et horrifiés” : les locaux de médias internationaux dont AP et Al Jazeera frappés par Israël – LCI

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LIBERTÉ DE LA PRESSE – L’armée israélienne avait prévenu une heure avant de bombarder les locaux des médias, à Gaza, permettant à la douzaine de journalistes du bâtiment d’évacuer.

En moins de dix secondes, un bâtiment de treize étages de la ville de Gaza s’effondre. Les frappes israéliennes viennent de détruire les locaux de plusieurs médias internationaux dont l’agence de presse Associated Presse (AP) et la chaîne d’information Al-Jazeera.

“Nous sommes choqués et horrifiés que l’armée israélienne cible et détruise le bâtiment abritant le bureau de l’AP et d’autres agences de presse à Gaza”, a écrit Associated Press dans un communiqué. “Ils connaissaient depuis longtemps l’emplacement de notre bureau et savaient que des journalistes étaient là.”

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J’ai couvert de nombreux événements depuis ce bâtiment… maintenant, tout a disparu en deux secondes– Safwat al-Kahlout, correspondant d’Al-Jazeera

“Nous avons couru les escaliers depuis le 11e étage et regardons maintenant le bâtiment de loin, priant pour que l’armée finisse par se rétracter” avait tweeté peu de temps avant le raid Fares Akram, correspondant pour AP à Gaza. Mais rien n’y a fait. L’immeuble a été pulvérisé sous les coups de plusieurs missiles.

“J’ai couvert de nombreux événements depuis ce bâtiment… maintenant, tout a disparu en deux secondes”, a déploré Safwat al-Kahlout, correspondant d’Al-Jazeera.

La frappe annoncée une heure avant par Israël

La frappe avait été annoncée une heure avant par l’armée israélienne, permettant à la douzaine d’occupants du bâtiment d’évacuer. Le propriétaire de la tour avait cependant demandé dix minutes supplémentaires pour que les journalistes puissent emporter leur équipement, dix minutes qui n’ont pas été acceptées.

Ce n’est pas la première fois que l’aviation israélienne cible des lieux où se trouvent des médias. Elle avait déjà réduit à néant jeudi une tour de plus de dix étages abritant des bureaux de la chaîne palestinienne Al-Aqsa, créée il y a quelques années par le Hamas.

Des “entités” appartenant au Hamas

“Nous recherchons des informations auprès du gouvernement israélien et nous collaborons avec le département d’État américain pour essayer d’en savoir plus”, a écrit AP. “Le monde en saura moins sur ce qui se passe à Gaza à cause de ce qui s’est passé aujourd’hui”, dénonce aussi l’agence de presse.

Dans un communiqué, les forces israéliennes ont confirmé la frappe sur l’immeuble des médias Al-Jazeera et Associated Press, qui abritait selon elle “des entités appartenant au renseignement militaire de l’organisation terroriste Hamas”. Les autorités ont accusé l’organisation islamiste de “délibérément installer des cibles militaires dans des zones ultra peuplées”, se servant selon elle des civils comme “boucliers humains”

“Il est clair qu’il a été décidé non plus de causer des destructions et des morts, mais aussi de faire taire ceux qui le montrent”, a réagi auprès de l’AFP Walid al-Omari, chef du bureau d’Al-Jazeera en Israël et dans les Territoires palestiniens. Le directeur de la chaîne a pour sa part dénoncé “un crime de guerre”.

“Nous continuerons notre couverture de l’information malgré la destruction […] Nous reviendrons à l’antenne avec un nouvel équipement”, a assuré Safwat al-Kahlout.

Les États-Unis demandent de “garantir la sécurité des journalistes et médias indépendants”

Outre-Atlantique, la Maison Blanche s’inquiète aussi. “Nous avons dit directement aux Israéliens que garantir la sécurité des journalistes et des médias indépendants était une responsabilité d’une importance capitale”, a tweeté Jen Psaki, la porte-parole de l’exécutif américain. Quelques heures plus tard, Benyamin Netanyahu, Premier ministre israélien, recevait un coup de téléphone de Joe Biden, lors duquel il l’assurait de son engagement à éviter autant que possible les pertes civiles.

Au Proche-Orient, la situation reste tendue en dépit de l’intensification des efforts diplomatiques visant à arrêter le conflit. Le dernier bilan des autorités palestiniennes faisait état, vendredi soir, de 139 morts, parmi lesquels 39 enfants, et 1 000 blessés dans les bombardements israéliens.

De l’autre, plus de 2300 roquettes ont été lancées par des groupes armés palestiniens sur le territoire israélien depuis lundi, tuant neuf personnes, parmi lesquelles un enfant et un soldat, et faisant plus de 560 blessés.

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