Chirurgien soupçonné de pédophilie : “Des flashs sont remontés”, dit une victime – RTL.fr

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C’est un témoignage bouleversant. Une des victimes de Joël Le Scouarnec se confie sur son agression. Entre 1989 et 2017, ce chirurgien aurait violé et agressé sexuellement au moins 250 mineurs. Un chiffre terrible sur ce médecin interpellé il y a deux ans après avoir agressé sa petite voisine à Jonzac, en Charente-Maritime. Lors des perquisitions à son domicile, les enquêteurs ont découvert des carnets dans lesquels le pédophile listait ses déviances et toutes ses victimes.

Des victimes invitées ce vendredi 20 décembre à Ploemeur dans le Morbihan pour rencontrer ensemble le procureur et faire un point informel sur le dossier. Une de ces victimes a accepté de s’exprimer au micro de RTL. Celle qui souhaite se faire appeler Marie, pour conserver son anonymat, explique comment elle a appris par les enquêteurs qu’elle avait été agressée. “Ils sont venus un après-midi pour me faire une demande d’audition. C’est à ce moment-là que j’apprends que je suis victime de ce prédateur”, confie la jeune femme qui avait dix ans lors de son agression. 

À l’époque, elle vient se faire opérer d’une appendicite. Si elle n’avait au départ aucun souvenir de cette agression, elle a par la suite fait “un travail de mémoire”. “Aujourd’hui j’ai une vision plus claire de ce qui m’est arrivé”, confie-t-elle. “J’ai des flashs qui sont remontés, des sensations, des sentiments”, raconte la jeune femme.

La dépression que j’aurais dû faire il y a 23 ans, je l’ai faite après l’annonce de cette nouvelle

Marie, victime présumée de Joël Le Scouarnec

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Une vraie déflagration dans la vie d’adulte de cette femme qui se découvre victime. “On m’avait dit que j’avais des soucis, que j’avais dû subir un viol, une agression plus jeune. J’avais déjà des conséquences qui étaient bien réelles auparavant donc j’ai juste retrouvé un morceau de mon puzzle au niveau de mon histoire”, confie Marie.

Une histoire qui n’a pas été facile à accepter. “J’ai fait une grosse dépression suite à ça. La dépression que j’aurais dû faire il y a 23 ans, je l’ai faite après l’annonce de cette nouvelle, explique celle qui a été victime de viol. 

“C’est une bonne chose qu’on nous convoque et qu’on ait un peu plus d’informations”, précise-t-elle. Retrouver des victimes et pouvoir échanger avec elles est essentiel pour Marie.

“Il y a quelque chose qui nous lie. On a tous notre histoire individuelle mais après il y a aussi des liens qui se créent derrière”, explique-t-elle. “On est tous un petit peu perdus quand on vous annonce que vous avez été violée du jour au lendemain. On fait quoi, comment, on voit qui, on est perdu”, détaille la jeune femme. 

J’espère que la justice arrêtera de fermer les yeux sur de nombreux viols

Marie.

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Le chirurgien a été condamné en 2005 pour détention d’images pédopornographiques, mais a continué à exercer. Pour Marie, il est important que ça ne se reproduise jamais. “Je veux inviter toute victime de tout viol à dénoncer leur prédateur car il y a trop de personnes qui se taisent. Je veux qu’on arrête de garder ce silence. Les femmes, les hommes, les enfants, doivent en parler, doivent porter plainte”, assure-t-elle.

“J’espère que la justice arrêtera de fermer les yeux sur de nombreux viols”, conclut la jeune femme. 

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