«C’était des gens bien» : Vénissieux sous le choc après l’accident mortel de l’A7 – Le Parisien

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« Rachid a perdu deux enfants dans l’accident, Maryam 8 ans et Youcef, 12 ans. C’est émouvant de voir ce père serrer contre son cœur la robe de sa fille décédée. J’en avais les larmes aux yeux. C’est tellement douloureux de le voir se demander si ce qui lui arrive est vrai ou pas. » Kamel Kabtane, recteur de la mosquée de Lyon, a accompagné mardi matin Rachid, le père de famille endeuillé, à l’hôpital Edouard de Lyon (Rhône) où est encore hospitalisée, dans un état critique, sa femme, âgée de 34 ans.

Lui était en région parisienne au moment du drame. Cet effroyable accident de l’autoroute A7 a fait cinq morts. Cinq enfants âgés de 3 à 14 ans. Quatre autres occupants de la voiture ont réussi à s’extraire du véhicule qui a pris feu après avoir quitté la route au niveau d’Albon (Drôme). Parmi eux, deux femmes, dont l’une a le corps brûlé à 90 %, et un enfant de 7 ans luttent toujours contre la mort. Leur pronostic vital est engagé. Seul le conducteur du véhicule est dans un état un tout petit peu plus rassurant.

«Ce qu’il faut se dire, c’est qu’ils sont partis ensemble»

Mardi soir à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise où habitait une partie des victimes, les enfants se retrouvent près de la maison de la rue Edgar Varese comme tous les soirs. Pour jouer ensemble. Mais ils sont tous en pleurs. Les plus petits enlacent les plus grands. « C’était des gens bien, je n’ai rien de mal à dire sur eux. Les enfants étaient très bien éduqués, ne causaient aucun problème. Ce qu’il faut se dire, c’est qu’ils sont partis ensemble, lâche un jeune dans un sanglot. Juste avant de partir vendredi dernier, ils se faisaient tous des câlins avec les enfants du quartier pour se dire au revoir. C’est terrible ».

Au groupe scolaire Pasteur où certaines victimes étaient scolarisées, les enfants qui suivent des activités pendant l’été sortent en pleurant dans les bras de leurs parents. « Soyez courageux les enfants. C’est normal d’être triste », leur dit Mokrane Kessi, un ami d’une voisine de la famille. Militant des quartiers, il est venu en soutien à l’école Pasteur. « Voir les enfants pleurer, c’est vraiment dur. La ville n’est pas prête de s’en remettre. Mais les gens sont solidaires à Vénissieux, nous allons organiser des quêtes pour la famille », Mokrane Kessi évoque aussi le pavillon familial : « Il n’y a plus personne dans la maison, c’est une maison vide maintenant, c’est triste. »

«Je me dis que ça pourrait être mes enfants»

« A Vénissieux, tout le monde se connaît, relate la sœur d’un écolier de Pasteur. Moi, j’étais dans la classe du grand frère d’un des enfants, ma sœur dans celle de la sœur etc, etc. On est tous touché à différents niveaux. »

Thierry Sarmiento est responsable du temps périscolaire dans l’établissement. Il connaissait les enfants car il travaille dans l’école pendant toute l’année scolaire : « C’est un choc terrible », lâche-t-il. Une cellule psychologique va d’ailleurs être mise en place pour les enfants à partir de jeudi au centre de loisirs pour le reste de l’été.

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Près de la mairie où un registre de condoléances a été ouvert, Nadia, fait jouer ses deux enfants. « Je ne pense pas connaître cette famille, mais je suis quand même très choquée. Je me dis que ça pourrait être mes enfants. On réagit tous comme ça ici ». Dans le même parc, sous une chaleur écrasante, Leila, est elle aussi émue aux larmes. « On pense à ce père de famille qui a perdu quasiment tous les siens. Comment va-t-il survivre à cette épreuve ? Il lui faudra beaucoup de courage. On se demande ce qu’on peut faire pour lui ».

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