Ce qu’il faut savoir sur le début du déconfinement au 11 mai : restrictions pour quatre régions, attestation pour longs déplacements et port du masque – Le Monde

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Edouard Philippe a confirmé jeudi que le déconfinement commencerait lundi 11 mai, mais qu’il sera « progressif » et assorti de nombreuses restrictions.

Edouard Philippe a confirmé jeudi que le déconfinement commencerait lundi 11 mai, mais qu’il sera « progressif » et assorti de nombreuses restrictions. Christophe Archambault / AP

C’est une nouvelle étape cruciale pour la France dans sa lutte contre l’épidémie de Covid-19. « Au vu des résultats sanitaires enregistrés ces derniers jours, la levée progressive du confinement peut être engagée » le 11 mai, a annoncé le premier ministre, Edouard Philippe, jeudi 7 mai. Le chef du gouvernement a d’emblée précisé qu’il s’agirait d’« un processus très progressif » qui durera « au minimum » plusieurs semaines avec plusieurs restrictions.

La distinction entre départements verts et rouges, « qui existe et qui existera dès le 11 mai, aura peut-être vocation à s’accentuer à partir du mois de juin », date de la prochaine phase de déconfinement, a-t-il prévenu.

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  • L’Ile-de-France, les Hauts-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand-Est et Mayotte restent en rouge

« La bonne nouvelle, c’est que nous sommes en mesure de valider le déconfinement sur l’ensemble du territoire métropolitain. La moins bonne nouvelle, c’est que certains départements ont des résultats moins bons qu’espéré », a détaillé Edouard Philippe.

Le pays est donc « coupé en deux », dit le premier ministre. L’Ile-de-France, les Hauts-de-France, le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté ainsi que Mayotte ont été classés en rouge sur la carte du déconfinement. Dans ces régions, « le déconfinement est possible » à partir du 11 mai mais il sera plus strict qu’ailleurs : « Pas d’ouverture des collèges, ni des parcs et jardins », a précisé le premier ministre. Cela concerne notamment les 12 millions d’habitants de l’Ile-de-France, où le nombre de cas « reste plus élevé qu’espéré ».

« Le déconfinement progressif ne doit pas être la marque d’une baisse de notre vigilance », a insisté Edouard Philippe, en invoquant l’esprit de « responsabilité » des Français.

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  • Une nouvelle attestation pour les déplacements au-delà de 100 kilomètres

Le 11 mai, « il sera possible de sortir librement dans la rue sans attestation », dans une limite de 100 kilomètres autour de sa résidence, a annoncé le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. Mais, au-delà de cette limite, « une nouvelle attestation » sera nécessaire :

« Cette limite ne s’applique que si on quitte son département de résidence. Parcourir plus de 100 kilomètres au sein de son département de résidence reste possible ».

En outre, « les rassemblements devront rester limités à des groupes de 10 personnes maximum, dans le respect des règles de distanciation physique. A compter du 2 juin, un nouveau seuil pourra être réexaminé ». Dans tous les cas, « d’ici au mois de septembre, aucun événement regroupant plus de 5 000 participants ne pourra être organisé ». L’ouverture « des plages et lacs » sera possible au cas par cas sur autorisation du préfet.

Les restrictions aux frontières avec les pays de l’espace européen (Union européenne, espace Schengen, Royaume-Uni) seront « prolongées jusqu’au 15 juin au moins » et les frontières avec les pays non européens « resteront fermées jusqu’à nouvel ordre », a annoncé Christophe Castaner. Avec les pays européens, la libre circulation des travailleurs frontaliers sera préservée, a ajouté le ministre de l’intérieur.

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  • Port du masque obligatoire dans les transports en commun

Dans le métro à Paris le 6 mai.

Dans le métro à Paris le 6 mai. AGNES DHERBEYS / MYOP POUR « LE MONDE »

Le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun pour les passagers à partir de 11 ans et les contrevenants seront passibles d’une amende de 135 euros, a annoncé la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne.

En Ile-de-France, classée rouge, l’accès aux transports en commun sera « réservé aux heures de pointe aux personnes détenant une attestation de leur employeur ou ayant un motif impérieux pour se déplacer » (santé, convocation de justice, accompagnement des enfants).

L’offre de « transports de proximité » (métro, bus, TER et RER) « augmentera nettement avec un minimum de 50 % des capacités habituelles et un objectif d’offre normale d’ici à début juin », a détaillé Elisabeth Borne, rappelant qu’en Ile-de-France la RATP prévoyait que l’offre passe de 30 % actuellement à 75 % « dès lundi ». Mais le respect des règles de distanciation impose de limiter très fortement la fréquentation. En Ile-de-France par exemple, « l’objectif est que la fréquentation, qui est aujourd’hui de 6 %, reste limitée à 15 % », a-t-elle expliqué.

Dans cette optique, le télétravail « pour tous ceux qui le peuvent restera la règle » et les horaires d’arrivée et de départ des salariés devront être étalés.

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  • Tests et isolement en cas de résultat positif

La France « est prête pour tester massivement », à raison de 700 000 tests par semaine, les personnes présentant des symptômes ou susceptibles d’avoir attrapé le virus, a assuré le ministre de la santé, Olivier Véran. « Ce test est remboursé à 100 % par l’Assurance-maladie, vous n’aurez rien à payer », a-t-il précisé.

« En attendant le résultat du test, votre médecin vous demandera de rester chez vous en isolement afin de ne prendre aucun risque », a insisté Olivier Véran. En cas de résultat positif, le médecin alertera l’Assurance-maladie, qui contactera le malade afin de mener une enquête « visant à identifier les personnes que vous auriez pu contaminer » et à les prévenir. « Votre isolement, si vous êtes malade, durera jusqu’à deux jours après la guérison des symptômes, c’est-à-dire en moyenne pendant huit à dix jours », a précisé le ministre.

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  • Pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables

« Il n’y aura pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables après le 11 mai », a déclaré le premier ministre. Toutefois, il a demandé aux personnes « âgées ou malades de pathologies comme l’obésité, le diabète » ou souffrant « d’insuffisance respiratoire » de « conserver (…) des règles de prudence très strictes », comme « celles des deux derniers mois ». « Nous faisons confiance aux personnes qui se savent vulnérables pour se protéger. Il ne s’agit pas d’ordonner », a ajouté le chef du gouvernement.

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  • 475 millions d’euros débloqués et primes pour les Ehpad

Face à « une situation difficile », Olivier Véran a annoncé une aide de 475 millions d’euros pour accompagner les 7 000 établissements d’hébergement pour personnes âgées. Une prime de 1 500 euros sera également versée à tous les personnels des Ehpad des 33 départements « où l’épidémie aura été la plus forte ». Cette prime sera de 1 000 euros pour tous les autres départements. Cette prime, « défiscalisée », sera versée « dans les prochaines semaines ».

Par ailleurs, le gouvernement ne prévoit pas « d’assouplissement supplémentaire » dans les Ehpad, afin de « continuer à tout faire pour protéger les personnes âgées vulnérables ».

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  • « Un million d’écoliers accueillis » dès la semaine prochaine

A l’école primaire Paul Gauguin de Vitrolles dans les Bouches-du-Rhône le 5 mai.

A l’école primaire Paul Gauguin de Vitrolles dans les Bouches-du-Rhône le 5 mai. PATRICK GHERDOUSSI POUR « LE MONDE »

Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé qu’« un million d’écoliers seront accueillis par environ 130 000 professeurs » la semaine prochaine. Entre « 80 % et 85 % » des écoles seront ouvertes « dès le 12 mai », a-t-il précisé.

Le premier degré (maternelle et élémentaire) totalise 6,7 millions d’enfants. La semaine prochaine, le retour à l’école concernera donc moins d’un écolier sur six.

« Nous n’allons pas accueillir tous les élèves en même temps. Les grandes sections de maternelle, CP et CM2 seront prioritaires, mais il y aura une grande latitude localement », a insisté Jean-Michel Blanquer, ajoutant que « ce n’est pas une rentrée, c’est une reprise ».

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  • Prolongation du fonds de solidarité pour les petites entreprises et les indépendants

L’Etat « continuera d’être présent » pour les entreprises après le début du déconfinement, a assuré le ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Il a notamment confirmé la prolongation jusqu’à fin mai du fonds de solidarité pour les petites entreprises et les indépendants, ainsi que l’exonération des charges sociales sur trois mois pour les petites entreprises ayant dû fermer sur décision administrative.

Le 11 mai, ce sont « 400 000 entreprises qui représentent 875 000 emplois qui vont rouvrir », a-t-il déclaré. « C’est la vie sociale et économique qui va pouvoir redémarrer », a-t-il ajouté. Les centres commerciaux de plus de 40 000 mètres carrés, dont la réouverture était incertaine, « pourront rouvrir » le 11 mai « en accord avec les préfets, sauf en Ile-de-France » en raison de risques sanitaires persistants.

Edouard Philippe a reconnu que la France, « une fois la crise sanitaire passée, répondra à la crise économique et à l’appauvrissement général » qui apparaîtra.

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