Ce qu’il faut retenir des propos de Jean Castex sur France 2 – Les Échos

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Publié le 25 sept. 2020 à 6:25

C’est avec en toile de fond « le pack » du gouvernement , selon ses propres mots, soit les poids lourds de son équipe, masqués, que Jean Castex a traversé, jeudi soir, les deux heures de l’émission politique « Vous avez la parole » sur France 2, répondant tour à tour à des interpellations de Français et de quatre maires.

Retour sur les temps forts de l’émission :

« On ne joue pas avec l’épidémie »

Au lendemain de l’annonce de mesures plus restrictives dans les grandes métropoles, et en particulier à Marseille , le Premier ministre a reconnu s’attendre « un peu » à de telles réactions, mais a assumé : « J’ai décidé de prendre mes responsabilités, celle de l’Etat, garant de la gestion de la crise sanitaire. » Surtout, face à la remise en cause de ces mesures, il a tranché, grave : « Ils ont tort. » « On ne joue pas avec une épidémie », a-t-il mis en garde, en appelant à la « responsabilité » qui est « nécessairement collective. »

Risque de reconfinement sans agir

« Il faut que l’opinion soit très attentive. Si nous n’agissons pas, on pourrait se trouver dans une situation proche de celle du printemps. Cela pourrait pouvoir dire reconfinement », a-t-il averti. Alors que la stratégie et les mesures du gouvernement ne sont pas toujours comprises, il a tenté d’expliquer cette stratégie de « riposte graduée et différenciée selon les territoires ». Pour Marseille, « nous prenons des mesures plus restrictives pour éviter d’avoir à reconfiner. » Afin de contrer les accusations d’absence de concertation sur ces dernières mesures, mais aussi celles d’un Etat qui se défausserait sur les élus locaux, il a concédé que « les mesures impopulaires, il vaut mieux que ce soit l’Etat qui les assume. Je les assume. »

Le Premier ministre a également rappelé qu’il s’agissait, notamment à Marseille, d’éviter la saturation des services de réanimation. Face à la colère des restaurateurs confrontés à cette obligation de fermeture pour 15 jours à Marseille, il a aussi insisté sur le risque – 3 fois supérieur dans un restaurant – d’y être contaminé.

Pointant les risques sanitaires parfois plus graves que le Covid d’un reconfinement, il l’a exclu pour les Ehpad.

Pas de StopCovid sur son téléphone

A la question de savoir si Jean Castex avait téléchargé l’application StopCovid qui, « pour le dire pudiquement, n’a pas trouvé son public », ironise un ministre, Jean Castex a comme enterré l’application par un net et franc « non ». Tout comme deux ministres derrière lui, la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, et le garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti.

Exonération de charges, chômage partiel et fonds de solidarité

Pour les entreprises – bars, restaurants, salles de sport… – qui vont devoir fermer, le Premier ministre a promis de ne pas les « laisser tomber ». Des réunions d’arbitrage ont eu lieu toute la journée de jeudi pour les entreprises touchées dans les zones d’alerte renforcée et d’alerte maximale. Dans celles-ci, Jean Castex a annoncé que l’Etat allait donc indemniser la perte de revenus en faisant appel à du chômage partiel « sans coût pour l’employeur », a-t-il précisé. Il a aussi proposé une exonération de charges pendant toute la période de fermeture, dans ces zones, pour les entreprises fermées ou à horaires réduits. Enfin, le Fonds de solidarité pour les entreprises (FSE) va aussi être mobilisé, non plus à hauteur de 1.500 euros, mais jusqu’à 10.000 euros sur la période de fermeture. « C’est parce qu’il y a un effet d’accumulation que nous allons augmenter les aides auxquelles vous avez droit » a-t-il insisté.

« Bridgestone, c’est pas bien ».

Face à deux salariés de Bridgestone à Béthune, le Premier ministre a pointé de « très mauvais choix d’investissements dans le passé » d’une entreprise qui « tire parti de la crise sanitaire » pour annoncer la fermeture : « c’est pas bien ». Jean Castex a assuré que le gouvernement allait « discuter pied à pied » avec la direction « pour les convaincre d’investir » sur leur outil de travail. « On va les aider. On ne s’interdit rien », a promis le Premier ministre, considérant que « la partie va être très compliquée. »

Il a surtout mis en avant les dispositifs du plan de relance , en particulier sur la formation, pour offrir des perspectives. « Avec le plan de relance, nous avons les moyens de vous occuper de vous. On ne vous laissera pas tomber. Via la formation notamment. On va essayer de tout faire pour qu’elle ne ferme pas et se reconvertisse », a tenté de convaincre Jean Castex, reconnaissant toutefois s’attendre, sur le front de l’emploi, à un début 2021 difficile.

Justice et sécurité : « du jamais-vu »

Dès son arrivée à Matignon, Jean Castex avait insisté sur le budget de la justice. Jeudi soir, il a annoncé qu’il allait augmenter de 8 % : « du jamais-vu », a-t-il assuré. « Nous avons besoin d’une police efficace, mais de la qualité et de la célérité de la réponse pénale dépend la sécurité. Je veux des résultats tout de suite : on va recruter 900 personnels qu’on va pouvoir embaucher tout de suite plus 1 millier pérennes. On va aussi numériser beaucoup les moyens de la justice. C’est une priorité. »

Côté police, il a confirmé que le budget continue d’augmenter et qu’au total sur le quinquennat, il y aurait 10.000 policiers de plus. Jean Castex a aussi indiqué que des dispositions seraient prises pour renforcer le pouvoir de la police municipale.

Roland Garros : jauge à la baisse

La jauge du public pour Roland-Garros, exceptionnellement programmé à l’automne et qui débute dimanche, est abaissée de 5.000 à 1.000 spectateurs par jour. « Nous appliquerons à Roland-Garros les mêmes règles qu’ailleurs », a confirmé Jean Castex, puisque c’est désormais la règle dans les zones d’alerte renforcée.

Tenue républicaine et élévation du débat

Interrogé en fin d’émission sur ce qu’est une « tenue républicaine », expression utilisée cette semaine par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, le Premier ministre a botté en touche, ironisant sur l’élévation du débat.

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