Ce que l’on sait du plan de relance du gouvernement à 100 milliards d’euros – franceinfo

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Trois piliers, 70 mesures, 100 milliards d’euros… Quelques heures avant son annonce officielle par Jean Castex, franceinfo vous dévoile les grandes lignes du plan de relance.

Très attendu alors que la France connaît un déraillement de son économie, mais repoussé à la dernière minute fin août, le plan de relance à 100 milliards d’euros du gouvernement face à la crise du Covid-19 doit être dévoilé jeudi 3 septembre.  Quelques heures avant son annonce officielle par le Premier ministre Jean Castex, franceinfo vous en dévoile les grandes lignes.

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Un plan constitué de 70 mesures

Ce plan, répondant au nom de “France relance”, a pour objectif de retrouver le niveau de croissance de 2019 d’ici la fin de l’année 2022. Pour y parvenir, le gouvernement a mis au point 70 mesures pour soutenir l’offre et la demande, a appris franceinfo auprès de Matignon. Elles se répartissent selon trois piliers : la transition énergétique, la relocalisation industrielle et la cohésion sociale et territoriale.

Au total, 100 milliards d’euros seront débloqués entre 2021 et 2022. Pour veiller à l’application de ce plan, le gouvernement prévoit d’installer des sous-préfets à la transformation et la relance dans toutes les régions, au début de l’année 2021, a indiqué fin août Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publique.

30 milliards pour la transition énergétique

Dans l’enveloppe du plan, 30 milliards seront consacrés à la transition énergétique, en priorité dans les secteurs d’activité les plus polluants (transports, industrie, agriculture, etc.). Au sein de ce budget, sept milliards d’euros seront dédiés à la rénovation énergétique des bâtiments, cinq milliards allant aux bâtiments publics (mairies, écoles, universités, Ehpad, etc.) et deux milliards aux bâtiments privés, indique Matignon à franceinfo. En échange, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a déjà demandé aux entreprises du secteur d’utiliser le moins possible de travailleurs détachés.

Par ailleurs, la prime pour la rénovation énergétique, pour l’instant attribuée sur conditions de ressources, devrait être ouverte plus largement. Le transport ferroviaire et les modes de transports doux (comme le vélo) devraient bénéficier d’un “soutien massif”, selon le gouvernement. Un volet sera également consacré à l’agro-environnement et l’agriculture biologique, comme l’avait promis le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. Enfin, la recherche sur l’hydrogène, un gaz dit “propre”, devrait bénéficier de deux milliards d’euros de crédits entre 2021 et 2022.

35 milliards pour les entreprises

Trente-cinq milliards d’euros seront dédiés aux entreprises, selon la répartition suivante : 32% du budget pour les petites et moyennes entreprises, 42% pour les entreprises de taille intermédiaire et 26% pour les grandes entreprises, selon Matignon.

Parmi les mesures prises : encourager les relocalisations industrielles dans six secteurs stratégiques, dont la santé, et baisser les impôts de production de 10 milliards d’euros en 2021 puis en 2022, une mesure appelée à être pérennisée. “Le manque à gagner pour les collectivités locales, qui touchaient les recettes de ces impôts, sera intégralement compensé”, promet Jean Castex dans une interview au Figaro. Les petites et moyennes entreprises bénéficieront de 380 millions d’euros pour accélérer leur numérisation, indique également Matignon.

Ces mesures d’aide seront compensées par des “contreparties” des entreprises, de trois ordres : environnemental, gouvernance (égalité femme-hommes) et partage de la valeur (via l’intéressement et la participation des salariés), a appris franceinfo de source gouvernementale. Si les entreprises ne jouent pas le jeu, le “name and shame” sera utilisé – il s’agit d’une pratique anglo-saxonne qui consiste à désigner publiquement une entreprise qui se comporte mal.

35 milliards pour la cohésion territoriale

Enfin, 35 milliards d’euros seront consacrés à la cohésion sociale et territoriale. Il s’agit d’investissements massifs dans les équipements hospitaliers, l’accélération du déploiement de la fibre ou la construction de logements”, détaille Jean Castex auprès du Figaro. Ce volet comprendra ainsi les quelque 6 milliards d’euros débloqués pour l’hôpital dans le cadre du Ségur de la santé, tandis que le Premier ministre ajoute que “le plan pauvreté, lancé en 2018 par le président de la République, va être doté de 200 millions d’euros supplémentaires en soutien des associations qui luttent contre l’exclusion”.

Le soutien à l’emploi aura aussi une place prépondérante dans ce volet. Une enveloppe de 6,7 milliards d’euros sera ainsi dédiée au “plan jeunes” pour encourager les entreprises à embaucher 500 000 d’entre eux, via “des parcours d’insertion aux métiers d’avenir, en lien avec les régions, soit par des formations qualifiantes”, détaille Jean Castex dans le quotidien. 

Par ailleurs, 7,6 milliards d’euros seront dédiés à la création d’un “bouclier anti-chômage” combinant soutien à l’activité partielle de longue durée et formation à de nouvelles compétences, comme la rénovation énergétique, a appris franceinfo auprès du gouvernement. Ce plan contiendra également une aide de 100 millions d’euros pour les entreprises qui embaucheront des personnes handicapées, sans limite d’âge.

Un financement par la “croissance”

La note globale sera de “80 milliards d’euros”, et non de 100 milliards, indique Jean Castex au Figaro. En cause, “certaines mesures sont financées par les partenaires de l’Etat, comme la Caisse des dépôts ou la Banque publique d’investissement, ou encore parce que certaines aides, notamment à la SNCF, prendront la forme d’apports en capital, qui ne jouent pas sur le déficit”.

Par ailleurs, l’Etat pourra compter sur environ “40 milliards d’euros de subventions” européennes, a indiqué fin juillet le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, après que les pays membres de l’UE se sont accordés sur un plan de relance de 750 milliards d’euros. Le reste sera quasi-entièrement financé grâce à un emprunt de l’Etat

Pour rembourser cette aide massive, le gouvernement compte sur “la croissance” et pas sur “l’impôt”, assure Matignon. “Je le redis et je veux que les Français en soient convaincus : il n’y aura pas d’augmentation d’impôts. C’est l’erreur qui a été commise lors de la dernière crise et nous ne la reproduirons pas”, assure ainsi Jean Castex dans Le Figaro. Par ailleurs, les réformes structurelles se poursuivront afin de limiter les dépenses publiques considérées comme inutiles : le nombre d’emplois publics sera ainsi stabilisé, promet le gouvernement. 

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