“Ce n’était pas une délinquante”: la mère de l’adolescente tuée à Ivry-sur-Seine témoigne – BFMTV

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Une jeune fille de 17 ans a été assassinée de plusieurs coups de couteau vendredi soir au pied des bâtiments de la cité Pierre et Marie Curie. L’auteur présumé des faits, un adolescent de 15 ans, a été interpellé.

C’était une fille studieuse, qui travaillait “jour et nuit”. Âgée de 17 ans, elle devait passer son bac à la fin de l’année scolaire. Elle a été tuée ce vendredi de plusieurs coups de couteau au pied des tours de la cité Pierre et Marie Curie, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). L’auteur présumé des faits, un collégien de 15 ans, a été interpellé après avoir pris la fuite en direction de Massy (Essonne). Sa mère a réagi au micro de BFMTV dans un mélange d’émotion, de colère et d’incompréhension.

“Aujourd’hui, on a pris la vie de ma fille. C’est un enfant qui l’a tuée. Ce n’était même pas un adulte”, s’est-elle désolée. Et d’insister: “C’est un enfant. Tout ce que j’ai envie de dire c’est: ‘Pourquoi? Pourquoi cet enfant a assassiné ma fille?'”

La mère a vu pour la dernière fois l’adolescente autour de 16h30. Elle lui avait rappelé qu’elle avait un rendez-vous pour une IRM à 17 heures et lui avait demandé de l’accompagner. “Elle m’a dit: ‘Non, je reste là.'”

Un différend sur les réseaux sociaux

Quelques dizaines de minutes après, la jeune fille est descendue pour venir en aide à sa petite sœur, en pleine altercation avec un autre collégien après un différend né sur les réseaux sociaux, a appris BFMTV de source policière. L’auteur présumé est ensuite remonté chez lui et s’est saisi d’un couteau de cuisine, ont indiqué plusieurs enfants à la mère de la victime. Il est redescendu et a poignardé l’adolescente en plein cœur puis a pris la fuite.

“Pendant que j’étais en train de me garer à Alfortville, on était en train d’assassiner ma fille”, a soufflé la maman de la jeune fille, la voix empreinte de larmes. “Quand je suis arrivée, elle était par terre. Il y avait du sang partout. Ils essayaient de la ranimer. Mais ils n’ont pas réussi”, a témoigné celle qui a indiqué avoir travaillé 28 ans dans un bloc opératoire.

“Ma fille n’était pas une délinquante. Ma fille était une acharnée des études. Elle souhaitait devenir ingénieure”, a-t-elle assuré.

Les enfants n’ont “plus peur” de la justice

“Elle a un frère jumeau. Tous les trois, nous avons la même date d’anniversaire: le 23 juillet.” Et la mère de la victime de soupirer: “Bientôt, ce sera son anniversaire. (…) Elle est descendue pour défendre sa sœur avec la parole. Elle ne pouvait pas penser qu’un enfant plus petit qu’elle allait lui ôter la vie.”

À ses yeux, la responsabilité de l’homicide incombe à l’auteur mais aussi à la justice, dont les enfants “n’ont plus peur”, ainsi qu’aux parents. “Ce n’est pas normal que des parents laissent traîner leurs enfants dans les cités. Ce n’est pas normal qu’un enfant vienne tuer un autre enfant. (…) Mes enfants ne traînaient jamais dans cette cité. Aujourd’hui, c’est ma fille. Ça aurait pu être n’importe quel enfant”, a-t-elle ajouté, appelant chaque parent à surveiller les agissements de leur progéniture.

“‘Eh la vieille, tu vas où?’ C’est le dernier souvenir que j’ai d’elle”, s’est-elle, enfin, rappelée.

Privée d’activité professionnelle depuis six mois en raison des séquelles engendrées par le Covid-19, la mère de la victime “essaie de remonter la pente”. Elle a désormais une motivation supplémentaire: faire vivre la mémoire de sa fille. “Je vais manifester. Je vais faire des choses. À partir d’aujourd’hui, on me verra. On entendra parler de moi.”

Fanny Regnault avec Florian Bouhot

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