Cathédrale de Nantes : le grand orgue «disparu» avait traversé l’histoire – Le Figaro

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L’administrateur diocésain, le père François Renaud, en charge de la cathédrale de Nantes en raison d’une vacance du siège épiscopal, a estimé après être entré sur les lieux avec les pompiers que «le grand orgue avait complètement disparu» dans l’incendie qui a touché l’édifice, samedi 18 juillet. «C’est très impressionnant et c’est une perte inestimable», a-t-il ajouté.

Ce grand orgue du facteur Jacques Girardet datait de 1621. Pour y accéder, il fallait monter les 66 marches de la haute tribune datant de 1620, qui a elle aussi brûlé. «En 1784, le grand ‘facteur du Roy’ François-Henri Cliquot (1732-1790) à la réputation considérable, achevait une restauration-extension significative», précise le site de la cathédrale.

En 1970, une seconde restauration-extension a été réalisée par le facteur Joseph Beuchet. «Ses 5500 tuyaux ne cessent de chanter la ‘beauté’ avec conviction, mais non sans nuance, en un harmonieux dialogue alternant douceur mystique des pleins jeux et puissance ‘impressionnante’ du ‘tutti’», précise avec poésie le site de la cathédrale meurtrie.

Il avait traversé l’histoire. Lors de la Révolution française, moins de cinq ans après sa restauration, la cathédrale de Nantes est transformée en «temple de la Raison». Certaines orgues de la ville sont détruites. Mais le grand orgue est sauvé par son organiste de l’époque, Denis Joubert, qui interpréta la Marseillaise, convainquant ainsi le comité révolutionnaire de le conserver pour les «fêtes révolutionnaires», raconte encore le site de la cathédrale.

Bombardements et incendie

Une dizaine d’années plus tard, c’était l’explosion de la tour des Espagnols, poudrière du Château-des-Ducs, qui détruisait tous les vitraux et les chapelles de la nef collatérale sud, sans toutefois causer de dommage à l’instrument monumental. Un siècle et demi plus tard, lors de la Seconde Guerre mondiale, le grand orgue survécut encore aux bombardements.

Idem lors du terrible incendie qui eut lieu la nuit du 28 janvier 1972, inauguré deux mois plus tôt après dix ans de silence. «Seuls le courage et l’abnégation des compagnons de la ‘Manufacture Beuchet-Debierre’, rappelés de nuit, Joseph Beuchet fils à leur tête, et de l’abbé Félix Moreau, lui aussi présent, agissant en concertation avec les pompiers, permirent de le sauver le grand orgue», raconte le site de la cathédrale.

Cette fois-ci, ce samedi, le grand orgue n’a pas échappé aux flammes. Parti en fumée, il n’a pu être sauvé. Son histoire se racontera désormais à l’imparfait.

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