Castex et Borne officialisent leur «plan compétence» pour éviter la pénurie de main d’œuvre – Le Parisien

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Une pénurie de main-d’œuvre, comme au Royaume-Uni ? Si la France n’est pas dans la situation des Anglais – les anciens membres de l’Union Européenne peinent à livrer l’essence et les matières premières tellement les bras manquent -, de nombreux secteurs éprouvent des difficultés à recruter dans l’Hexagone.

Pour soulager ces tensions « extrêmement sérieuses » sur le marché du travail français, le Premier ministre Jean Castex a officialisé ce lundi les modalités d’un nouveau « plan d’investissement dans les compétences », depuis un centre de formation à Châtellerault (Vienne).

L’objectif : former 1,4 million de demandeurs d’emploi en 2022, comme l’avait annoncé la ministre du Travail Elisabeth Borne dans nos colonnes, grâce à des signatures de convention avec Pôle emploi et au maintien de l’aide aux contrats de professionnalisation. Un seuil ambitieux : 5,927 millions de personnes sont considérées comme « demandeurs d’emploi » en France, toutes catégories confondues.

Mais il faut dire que la situation est particulièrement « paradoxale ». Des entreprises « ne parviennent pas à recruter » et « des chômeurs ne parviennent pas à retrouver un emploi », a résumé Elisabeth Borne, à Châtellerault elle aussi.

Cibler les métiers en tension

Avec ce plan d’investissement, l’exécutif veut ainsi financer de nouvelles actions « ciblées vers les métiers en tension, largement basées sur la formation en entreprise, en situation de travail car elles présentent les taux de retour à l’emploi les plus importants, jusqu’à 85 % ».

Le Premier ministre avait annoncé ce matin dans Les Échos la signature « de nouvelles conventions avec les régions et avec Pôle emploi, à hauteur de 560 millions » et l’ouverture des nouvelles formations « à l’ensemble des demandeurs d’emploi quel que soit leur niveau de qualification.

« Pour les chômeurs, nous assumons le parti pris de privilégier au maximum les formations en entreprise, directement opérationnelles », déclarait alors le Premier ministre qui prévoit également l’extension « sur toute l’année 2022 » des aides au recrutement d’alternants.

Ce dernier volet doit « rendre plus incitatif le bénéfice des contrats de professionnalisation pour les adultes », a indiqué le ministre. Ces aides s’adressent surtout aux chômeurs de longue durée, désormais majoritaires dans les inscrits à Pôle emploi – ce qui témoigne d’un écart entre les compétences recherchées par les entreprises et les compétences réelles de la population.

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Ainsi les 8 000 euros d’aide de l’État octroyés aux entreprises pour l’embauche d’un majeur en formation alternée seront ainsi applicables aux contrats de professionnalisation pour les demandeurs d’emploi longue durée. L’aide concernant les jeunes (5 000 euros) a également été prolongée à plusieurs reprises la dernière fois début septembre jusqu’au 30 juin 2022.

Pour financer cette politique de formation axée sur l’octroi de compétence, le gouvernement entend « mobiliser 1,4 milliard d’euros supplémentaires sur 2021 et 2022, dont 900 millions dès cette année ». Ils proviennent essentiellement des crédits d’urgence qui avaient été « budgétés pour la gestion de la crise », selon le ministre. Par ailleurs, Pôle emploi s’engage également à recontacter tous les demandeurs d’emploi de longue durée d’ici fin 2021 et les orienter vers les nouvelles mesures du plan.

« Levons toute ambiguïté, nous sommes dans une logique contractuelle », a énoncé Jean Castex dans les Échos ce matin. « Nous voulons accompagner vers l’emploi ces centaines de milliers de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études ni en formation. Il faut mettre le paquet sur les chantiers d’insertion, sur l’accompagnement individualisé pour aller chercher – c’est un terme que je n’aime pas beaucoup – les décrocheurs », dit-il.

Des contrats de professionnalisation pour les chômeurs de longue durée

Concernant la formation des salariés, les PME de 51 à 300 salariés « bénéficieront de 600 millions pour former leurs salariés », ajoute M. Castex. Dans le détail, ces fonds doivent permettre de former 350 000 personnes supplémentaires (300 000 formations « courtes » de 40 heures en moyenne et 50 000 formations longues de 400 heures en moyenne).

Le gouvernement entend aussi favoriser les reconversions professionnelles grâce au dispositif des « transitions collectives », qui vise à permettre à des salariés dont l’emploi est menacé de se tourner vers des métiers qui recrutent. Ce dispositif, lancé début 2021, et qui « a tardé à décoller » selon le Premier ministre, doit notamment être simplifié pour être plus accessible aux PME. Il pourra aussi être utilisé dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective (RCC).

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