Bygmalion : « Si je n’avais pas mis Jean-François Copé à la tête de l’UMP, aucun de ceux qui sont ici ne serait poursuivi », affirme Nicolas Sarkozy – Le Monde

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Nicolas Sarkozy à la barre, le 15 juin 2021 à Paris.

Cette salle d’audience au deuxième étage du tribunal judiciaire de Paris, Nicolas Sarkozy la connaît. Il y est venu chaque jour du 30 novembre au 10 décembre 2020, lorsqu’il comparaissait dans l’affaire des écoutes, dite « Bismuth », aux côtés de son avocat et ami Thierry Herzog et de l’ancien magistrat Gilbert Azibert. C’est là qu’il a appris le 1er mars, sa condamnation à trois ans de prison dont un an ferme pour « corruption active » et « trafic d’influence ». (Nicolas Sarkozy a fait appel de ce jugement).

L’ancien président de la République a-t-il ce souvenir en tête lorsque pour la première fois, ce mardi 15 mars, il s’assoit parmi ses co-prévenus au procès de l’affaire des comptes de sa campagne présidentielle de 2012 ? Derrière lui et en robe, son avocat Thierry Herzog, murmure à son oreille. Jacqueline Laffont, qui le défendait au procès Bismuth, vient le saluer et quitte la salle. Quatorze longues minutes d’attente plus tard, Nicolas Sarkozy découvre les visages des trois juges du tribunal devant lequel il va devoir s’expliquer sur le dépassement du plafond légal de ses dépenses de campagne.

« Tout le monde n’est pas Monsieur Hollande »

Et c’est parti pour trois heures d’interrogatoire de la présidente Caroline Viguier. Ouvert, courtois, l’ancien chef de l’Etat se montre de plus en plus offensif à mesure que l’on s’approche des questions clés de cette affaire. Que décidait, que savait le candidat Nicolas Sarkozy et jusqu’où ?

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La présidente remonte la chronologie jusqu’à ce mois de janvier 2012 où une équipe de campagne se met en place à l’Elysée.

En général, le président sortant est candidat. Tout le monde n’est pas Monsieur Hollande… raille Nicolas Sarkozy. Donc, en janvier 2012, la question pour moi est de savoir comment je vais entrer en campagne.

Etes-vous allé dans les détails de la composition de l’équipe de campagne ?

Ma priorité est de rassembler ma famille politique. J’avais François Fillon comme premier ministre (soupir), Alain Juppé comme ministre des affaires étrangères (re-soupir), et Jean-François Copé à la tête du parti [UMP] avec lequel il était de notoriété publique que je n’entretenais pas de bons rapports…

Donc, j’ai participé. J’assume mes responsabilités. Mais je rappelle que je suis alors président de la République et que l’Elysée ne s’arrête pas parce que son locataire est candidat.

« Copé ne croyait pas à ma victoire »

Nicolas Sarkozy choisit donc son chef de cabinet, le préfet Guillaume Lambert, comme directeur de campagne. (Il est assis sur le banc des prévenus).

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