Buzyn annonce des mesures pour désengorger les urgences en « surchauffe » – Le Monde

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« On a besoin de trouver une solution de fond, pas juste de soigner le symptôme », a fait valoir la ministre de la santé.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 23h03 – Mis à jour le 03 septembre 2019 à 00h43

Temps de Lecture 2 min.

Agnès Buzyn au centre hospitalier de Saint-Martin-de-Ré le 12 juillet.

« Admission directe » pour les personnes âgées, « vidéo-assistance » dans tous les SAMU… La ministre de la santé Agnès Buzyn a dévoilé, lundi 2 septembre, une série de mesures pour « améliorer la situation » de services d’urgence « en surchauffe ».

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« On a besoin de trouver une solution de fond, pas juste de soigner le symptôme, cette fièvre ressentie au niveau de l’activité des urgences », a-t-elle déclaré lors d’une visite au CHU de Poitiers.

Depuis bientôt six mois, un mouvement de grève inédit s’est étendu à près de la moitié des services d’urgences du secteur public – 233 selon le collectif Inter-Urgences, 195 selon le ministère de la santé.

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S’appuyer sur les médecins libéraux

En déplacement dans un établissement qui a « fait preuve d’inventivité » pour « lever un peu les tensions », Mme Buzyn a annoncé une batterie de « mesures qui fonctionnent, qui sont consensuelles (et) remontées du terrain » dans le cadre de la mission confiée, en juin, au chef du SAMU de Paris, Pierre Carli, et au député La République en marche (LRM) de Charente Thomas Mesnier.

Pour « réduire au maximum les passages des personnes âgées » aux urgences, elle entend ainsi généraliser « des filières d’admission directe », promettant à la clé « une incitation financière, une forme de bonus aux hôpitaux qui (les) mettront en place ». La ministre souhaite également développer « une vidéo-assistance entre les Ehpad et le SAMU », pour éviter des hospitalisations en cas de « pathologies bénignes ».

Elle entend par ailleurs s’appuyer sur les médecins libéraux : les SAMU seront autorisés à envoyer une ambulance vers un cabinet de ville ou une maison de santé, où pourront être réalisés une consultation et certains examens médicaux sans avance de frais, pour que les patients y « trouvent le même avantage qu’à aller aux urgences ».

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Les personnels paramédicaux des urgences auront en outre le droit de « faire des gestes qu’ils ne peuvent pas faire aujourd’hui », comme « prescrire de la radiologie (ou) faire des sutures », ce qui leur permettra de toucher une « prime de coopération » de 80 euros net par mois.

A plus long terme, le nouveau métier d’infirmier de pratique avancée, avec des compétences élargies, sera étendu à la spécialité « urgences », avec de premières formations à partir de l’automne 2020, et de premiers soignants diplômés en 2022.

« Mettre fin aux restrictions budgétaires »

D’autres annonces suivront la semaine prochaine, a averti la ministre. Elle recevra le 9 septembre « tous les acteurs du secteur », des syndicats et fédérations hospitalières aux représentants des médecins libéraux et du collectif Inter-Urgences.

Sans attendre, plusieurs organisations de médecins hospitaliers ou urgentistes ont toutefois décidé lundi de « rejoindre la mobilisation portée par le collectif » et de participer à son assemblée générale le 10 septembre à Saint-Denis.

« Nous demandons de mettre fin aux restrictions budgétaires », expliquent-elles dans un communiqué, réclamant notamment « un moratoire sur la fermeture de lits » et un « recrutement de personnels à la hauteur des besoins ».

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« Il y a une convergence entre les personnels médicaux et paramédicaux », parce que « les difficultés des urgences sont celles de l’hôpital public », mais « ce n’est pas un appel à la grève », a nuancé Jacques Trévidic, président d’Action Praticiens Hôpital (APH), auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

« Ça va être aux médecins de se décider », a confirmé Patrick Pelloux, de l’association des médecins urgentistes de France (Amuf), présentant cela comme « un exercice de solidarité avec les personnels pour dire qu’on est avec eux ».

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