Brexit : le sombre constat de Michel Barnier – Les Échos

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Publié le 7 déc. 2020 à 9:45Mis à jour le 7 déc. 2020 à 10:57

Toujours pas de fumée blanche. Michel Barnier, le négociateur en chef des Européens sur le Brexit, a informé lundi matin les Vingt-Sept qu’il n’y avait toujours pas d’accord avec le Royaume-Uni sur un accord encadrant les relations post-Brexit entre les deux blocs, calmant ainsi les ardeurs de ceux qui espéraient une percée imminente sur certains dossiers comme la pêche et une conclusion rapide des pourparlers.

Les trois sujets de blocage (la question de la pêche, les règles de concurrence et le mécanisme de respect des litiges) sont toujours sur la table, a précisé Michel Barnier à l’occasion d’un briefing avec les ambassadeurs des Etats membres auprès de l’UE qui a commencé ce matin à 7h30. Sur la pêche, il a démenti que les deux camps s’approchaient d’une percée.

Course contre la montre

Le négociateur en chef des Européens va poursuivre ses discussions avec son homologue britannique, David Frost. Un entretien téléphonique est prévu ce lundi en fin de journée entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson. La course contre la montre est lancée pour tenter d’arriver à un accord avant que les 27 chefs d’Etat et de gouvernement ne se réunissent pour un Sommet européen organisé ce jeudi.

Les déclarations de Michel Barnier sont intervenues alors qu’une lueur d’espoir avait commencé à poindre, depuis dimanche soir, au sujet de la pêche. La perspective d’une zone d’atterrissage sur ce sujet, évoquée par certaines sources, a toutefois été fermement démentie, lundi matin, par les deux camps. Le sujet n’aurait même pas été à l’ordre du jour des discussions de dimanche.

Mais ce nouveau développement démontre que la question de la pêche, bien que très sensible politiquement, n’est pas nécessairement la plus insoluble. Elle pourrait faire l’objet d’un compromis arithmétique raisonnable. A l’image des dernières discussions, focalisées notamment sur la durée d’une période pendant laquelle serait maintenu l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques.

Forme de parallélisme

Bien plus profonde est la divergence au sujet des conditions futures de concurrence équitable. Si ce principe met tout le monde d’accord des deux côtés de la Manche, sa concrétisation s’avère, elle, hautement problématique. Elle implique en effet une forme de parallélisme des règles sociales, environnementales, et même en matière d’aides d’Etat. Ce qui est contraire à l’exigence de souveraineté britannique.

Or, du côté européen, ce sujet est fédérateur : en aucun cas les Vingt-Sept n’accepteraient que Londres puisse, à l’avenir, livrer une concurrence déloyale aux entreprises européennes.

Alexandre Counis et Gabriel Grésillon (Correspondants à Londres et à Bruxelles)

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