Les députés ont enfin fait émerger une majorité pour le texte négocié avec l’UE… avant de refuser son examen accéléré. Une sortie au 31 octobre paraît aujourd’hui impossible.

Par Publié aujourd’hui à 02h23

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Boris Johnson lors des débats sur son accord de divorce avec l’Europe, à la Chambre des communes, le 22 octobre.

Interminable, imprévisible et déconcertante saga du Brexit… En l’espace d’une soirée, mardi 22 octobre, le premier ministre, Boris Johnson, a enregistré une victoire indéniable – pour la première fois depuis le référendum de juin 2016, les députés britanniques ont fait émerger une majorité pour un accord de divorce, le sien. Et plutôt confortable : son « deal », miraculeusement décroché cinq jours plus tôt à Bruxelles, est passé avec trente voix d’avance (329 approbations, 299 refus).

Mais ce vote n’était pas définitif : il ne validait que le passage du texte – une loi d’implantation du divorce dans le droit britannique – en deuxième lecture à Westminster. Et, dans la foulée, les élus ont refusé à M. Johnson son examen accéléré – en deux jours seulement – à la Chambre des communes. Le chef du gouvernement a alors décrété une « pause » dans ce processus de ratification.

Depuis Bruxelles, laconique, et probablement lassé des montagnes russes britanniques, Donald Tusk, le président du Conseil européen, a « recommandé » que l’Union européenne (UE) accepte la demande d’un décalage du Brexit formulée à son corps défendant par M. Johnson trois jours plus tôt. « Par procédure écrite », a précisé M. Tusk, c’est-à-dire sans nécessité d’un sommet extraordinaire. Preuve, s’il en fallait encore, que les Européens sont presque aussi las du Brexit que les Britanniques.

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Que faut-il retenir de cette folle journée ? Quelques quasi-certitudes, et de nouveau, beaucoup d’interrogations. Ce qui parait désormais clair, c’est qu’à moins d’un miracle, il n’y aura pas de Brexit le 31 octobre. Boris Johnson a très probablement perdu son pari d’un divorce pour Halloween, lui qui avait fait de cette date un marqueur de son gouvernement. Elle avait pourtant été choisie un peu au hasard par les Européens, en avril, comme un compromis entre les demandes de l’ancienne première ministre britannique Theresa May (fin juin 2019) et de M. Tusk (début 2020).

Potentielles entreprises de sabotage

Car même si Boris Johnson n’avait pas décrété de « pause » dans l’examen de la loi d’application du Brexit à Westminster, le fait que les élus lui aient refusé (avec seize voix d’avance) des débats accélérés a rendu impossible une adoption définitive du texte d’ici à la fin du mois. Le texte, validé une première fois mardi, était censé passer en commissions parlementaires dès le lendemain. Où les députés auraient eu tout le loisir de le décortiquer et de l’amender.

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