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Brexit : le Parlement britannique interrompt ses travaux en plein chaos – Les Échos

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La dernière séance du Parlement britannique avant sa suspension a donné lieu, lundi, à des scènes surréalistes. Alors que les députés s’écharpent depuis des mois sur le Brexit et qu’ils devaient voter dans la soirée sur une nouvelle motion appelant à des élections anticipées, ils ont passé beaucoup de temps à rendre des hommages appuyés au Speaker de la Chambre des communes, John Bercow, qui après 22 ans de députation et 10 années au perchoir, a annoncé son départ pour la fin octobre.

Le  truculent président de la Chambre , dont les gutturaux « orders » appelant les députés au calme resteront dans les mémoires, était officiellement, depuis quelques jours, dans le collimateur de Boris Johnson.

L’ex-ministre des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, avait même prévenu que le parti conservateur, dont il était issu, présenterait un candidat contre lui afin de le déboulonner aux prochaines élections. L’homme est suspecté de partialité sur le Brexit. Pas seulement parce qu’il a avoué avoir voté Remain au référendum de juin 2016. Parce qu’il a plusieurs fois osé, sur ce dossier, se mettre en travers de la route du gouvernement.

Milieu du gué

L’annonce de son départ conclut une fin de session totalement chaotique, où le Parlement interrompt ses travaux sur le Brexit en plein milieu du gué. Les députés ont en fin d’après-midi voté par 311 voix contre 302 un texte visant à contraindre le gouvernement de publier son plan de préparation au « no deal », afin de mieux en montrer les insuffisances. Ils devaient ensuite voter, sauf surprise, contre une motion du gouvernement appelant à des élections anticipées pour le 15 octobre, ce qui promettait à Boris Johnson une nouvelle défaite. Alors qu’un tel projet nécessite l’aval des deux tiers des députés (soit 434 voix),  les chefs des différents partis d’opposition se sont ligués vendredi pour voter contre , renvoyant ainsi à novembre la perspective de législatives anticipées. Leur objectif : empêcher le Premier ministre de rebattre ainsi les cartes avant qu’un Brexit sans accord soit, en pratique, définitivement écarté.

Autre revers pour Boris Johnson, la promulgation définitive de la loi anti-« no deal ». Le texte, qui le contraint à demander un report du Brexit au 31 janvier faute d’avoir arraché à Bruxelles un accord d’ici au 19 octobre, a reçu lundi le « Royal Assent » de la Reine. Mais  le Premier ministre lui-même menace de ne pas l’appliquer  ! Il continue de répéter qu’il sortira de l’UE quoi qu’il arrive au 31 octobre, avec ou sans accord.

« Pas de solutions concrètes »

Même si certains le soupçonnent de ne pas s’en donner les moyens, et de viser en réalité un « no deal », Boris Johnson promet de tout faire pour décrocher un accord d’ici là. « Je pense que ce que souhaite le peuple britannique, c’est conclure un accord et partir le 31 octobre », a-t-il dit, lundi matin, à Dublin, où il s’est rendu pour rencontrer Leo Varadkar, le Premier ministre irlandais.

« Un terrain d’entente a été établi dans certains domaines mais des divergences significatives demeurent », souligne un communiqué commun publié à l’issue de leur entretien. Leo Varadkar a regretté que Londres n’ait encore soumis aucune proposition alternative « réaliste » pour remplacer le « backstop » , qui doit assurer le maintien d’une frontière fluide entre les deux Irlande, mais dont Boris Johnson veut expurger l’accord conclu en novembre avec Bruxelles par Theresa May.

L’idée britannique consistant à créer une zone commune sur l’île d’Irlande où s’appliqueraient les mêmes normes sanitaires et phytosanitaires a, pour l’instant, été accueillie fraîchement. Elle ne s’est d’ailleurs pas traduite par des solutions concrètes, a estimé une porte-parole de la Commission européenne.

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