Le premier ministre britannique, Boris Johnson, et son homologue irlandais, Leo Varadkar, ont annoncé, jeudi, « un chemin vers un possible accord » sur la question de la frontière irlandaise.

Par Publié hier à 17h27, mis à jour à 03h01

Temps de Lecture 5 min.

Article réservé aux abonnés

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, et son homologue irlandais, Leo Varadkar, au manoir de Thornton (Angleterre), le 10 octobre.

Le lieu est resté secret jusqu’en milieu de matinée, jeudi 10 octobre. Ni Londres ni Dublin, mais un endroit « neutre » : le manoir de Thornton, une demeure à colombages dans la péninsule de Wirral, dans le nord-ouest de l’Angleterre, loin des regards. C’est là que Leo Varadkar et Boris Johnson se sont finalement rencontrés. Un ultime déjeuner avant un sommet décisif à Bruxelles les 17 et 18 octobre, mais un rendez-vous d’abord symbolique.

Certes, les deux premiers ministres ont bien déclaré, à l’issue du rendez-vous, « voir un chemin vers un possible accord », mais à vingt jours – théoriquement – du Brexit, le 31 octobre, et alors que les discussions entre les négociateurs piétinent à Bruxelles, un accord dans les temps paraît improbable : ils ont d’abord tenté de faire oublier les désastreux échanges des derniers jours.

Lire aussi Brexit : Boris Johnson présente à Bruxelles sa proposition sur la frontière irlandaise

En début de semaine, des sources anonymes à Downing Street avaient accusé Dublin de bloquer le Brexit, et Leo Varadkar de ne « pas vouloir d’accord ». Si cette allégation paraît peu vraisemblable, elle souligne une situation de fait qui énerve au plus haut point les Brexiters. Car la petite Irlande, cette ex-colonie anglaise n’ayant conquis son indépendance qu’il y a tout juste un siècle, est en position de force, qu’ils le veuillent ou non.

Une ligne dure constante

Même si un Brexit sans accord l’affecterait durement, la République d’Irlande détient en effet les clés du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE), l’accord dépendant de la solution à trouver pour éviter le retour d’une frontière physique avec l’Irlande du Nord (province britannique), condition du maintien des accords de paix du Vendredi saint, en 1998.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’Irlande, victime économique collatérale du Brexit

A Dublin, si la rhétorique agressive de l’entourage de M. Johnson irrite et inquiète, les esprits restent étonnamment calmes. Ils campent sur la même ligne dure, adoptée dès 2016 et dont ils n’ont pas varié depuis. C’était celle d’Enda Kenny, le précédent premier ministre, c’est celle de Leo Varadkar depuis deux ans.

Ils refusent tout ce qui, de près ou de loin, reviendrait à réintroduire des contrôles douaniers sur l’île, même à distance de la frontière – réelle mais physiquement indétectable – avec l’Irlande du Nord. La solution « ultime » de M. Johnson, d’un maintien de l’Irlande du Nord dans le giron du marché intérieur européen, mais d’une sortie de l’union douanière pour la province ? Non, a signifié abruptement Leo Varadkar, à peine vingt-quatre heures après qu’elle a été rendue publique à Londres, début octobre – car elle n’éliminerait pas à 100 % le risque de contrôles physiques.

Advertisements
Spread the love

Leave a Reply