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Reuters TV / Reuters

Le président de Parlement refuse un nouveau vote sur l’accord de Brexit (Photo d’illustration prise le 19 octobre)

GRANDE-BRETAGNE – C’est non. John Bercow, le président du Parlement a refusé la demande du Premier ministre britannique Boris Johnson de faire revoter les députés sur son accord de Brexit. 

“La motion ne sera pas débattue” a annoncé John Bercow, estimant que ce serait “répétitif” de faire un second vote sur le même sujet. La motion avait été amendée samedi, ce qui avait contraint le gouvernement conservateur de Boris Johnson de demander à l’Union européenne un report du Brexit, prévu le 31 octobre.

Pour éviter un “no deal” le 31 octobre, Londres a décroché un nouvel accord de divorce avec l’Union européenne la semaine dernière mais n’est pas parvenu à obtenir le soutien du Parlement britannique samedi. Les députés ont adopté, par une majorité de 16 voix, un amendement qui reporte l’approbation du Parlement, le temps que soit adoptée toute la législation nécessaire à la mise en oeuvre de l’accord de Brexit de Boris Johnson.

Il faudra donc attendre l’étude des textes d’application, plus complexes, pour savoir si le Parlemennt britannique donne son feu vert au compromis, compliquant la tâche des Européens qui doivent se prononcer sur un possible nouveau report du divorce. Sans doute mardi.

Seulement la crise pourrait très bien se prolonger puisque les députés pourraient très bien voter à la majorité en faveur du texte d’accord mais refuser les lois d’application ou les amender. Le texte négocié par Boris Johnson avec Bruxelles peut aussi être refusé…

“Court report technique”

Plus de trois ans après le référendum de 2016 qui a vu 52% des Britanniques soutenir le camp du “Leave”, l’opinion et les parlementaires restent très divisés, même au sein du Parti conservateur de Boris Johnson. Le gouvernement estime cependant avoir une majorité pour soutenir son accord, qui règle les conditions du divorce après 46 ans de vie commune, permettant une sortie en douceur assortie d’une période de transition courant au moins jusqu’à fin 2020.

Le Premier ministre essaiera aussi de faire passer au Parlement le plus rapidement possible les textes de loi nécessaires à l’entrée en vigueur de l’accord, Londres étant déterminé à un départ le 31 octobre, quitte à faire siéger les parlementaires le soir ou le week-end.

“C’est l’occasion de quitter l’UE avec un accord le 31 octobre ”, a plaidé le ministre du Brexit, Steve Barclay, dans un communiqué.

Si le gouvernement ne parvient pas à faire ratifier le texte dans les temps, “un court report technique” est possible, a déclaré lundi à Berlin le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas. La décision devra être prise à l’unanimité par les dirigeants européens.

En attendant, l’opposition compte bien mettre des bâtons dans les roues du gouvernement, en présentant des amendements.

“Ruiner le Brexit”

Keir Starmer, chargé du Brexit au sein du Labour, a déclaré dimanche à la BBC que l’accord de Brexit devait être soumis au vote des Britanniques lors d’un référendum, un scrutin en faveur duquel des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Londres samedi.

Le Parti travailliste va aussi pousser en faveur d’un amendement contraignant Londres à demander à l’UE de rester dans une union douanière, un amendement qui “nous ramènerait à la case départ”, a mis en garde la ministre du Commerce Liz Truss dans les colonnes du Daily Telegraph. Cette option avait en effet été examinée puis rejetée par le Parlement il y a quelques mois.

Le quotidien conservateur faisait sa Une lundi sur la “guérilla” parlementaire attendue, tandis que le tabloïd The Daily Mail évoquait la “furie face au complot travailliste pour ruiner le Brexit”.

“Si nous ne partons pas (de l’UE) ce sera parce que le Parlement a empêché le gouvernement de faire ce à quoi il s’était engagé”, a déclaré un ministre haut placé au quotidien The Times, estimant que la seule façon de sortir de l’impasse était d’organiser des élections anticipées afin de redonner une majorité au chef du gouvernement. “Nous n’essayons pas de l’anéantir, nous essayons de préserver l’économie britannique, l’emploi et les services publics”, a rétorqué une figure du Labour, Jonathan Ashworth, lundi sur la BBC. 

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