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Brexit. Boris Johnson demande à Bruxelles un report de la date… mais oublie de signer la lettre – Ouest-France

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Le vote, samedi, des députés britanniques reportant la décision sur l’accord de Brexit, pousse Boris Johnson à demander à Bruxelles un nouveau report de la date de sortie de l’Union européenne. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a confirmé l’avoir reçu mais sans signature. Boris Johnson a donc envoyé une seconde lettre, signée cette fois.

Selon une source européenne, Donald Tusk avait reçu l’assurance un peu plus tôt dans la soirée, lors d’une échange téléphonique avec M. Johnson, qu’une lettre formalisant la demande de report de Brexit lui serait envoyée de manière imminente. Tusk avait alors immédiatement indiqué qu’il engagerait sur cette base des consultations avec les dirigeants européens pour décider de la manière de réagir: « Cela pourrait prendre quelques jours. »

Le Premier ministre britannique Boris Johnson n’a en revanche pas signé la lettre demandant un report du Brexit à l’Union européenne, a indiqué ce samedi soir une source au sein de ses services.

Boris Johnson a donc envoyé une deuxième lettre, elle signée, spécifiant qu’il ne voulait pas de ce délai, qu’il a été légalement contraint de demander après que les députés britanniques ont décidé samedi de repousser leur vote sur l’accord de Brexit trouvé entre Londres et Bruxelles.

En effet, en adoptant samedi par 322 voix contre 306 un amendement qui reporte tout vote sur le Brexit tant que la législation nécessaire à son application n’a pas été votée au Parlement, les députés britanniques ont déclenché une autre loi, adoptée début septembre par les opposants à une sortie sans accord et qui contraint le Premier ministre britannique à demander un nouveau report du divorce.

La loi Benn exige de Boris Johnson qu’il « cherche à obtenir » (« seek to obtain ») auprès du président du Conseil européen, Donald Tusk, une extension du calendrier de la sortie du Royaume-Uni de l’UE jusqu’au 31 janvier 2020 si le Parlement britannique n’a pas approuvé un accord de retrait ou un divorce sans accord à la date de ce samedi 19 octobre.

Ambiance électrique au Parlement à Londres samedi après-midi | REUTERS

Bruxelles attend des « clarifications »

Dans la soirée, Donald Tusk, président du Conseil européen (instance représentant les Etats membres de l’UE), a aussi signifié que la balle était dans le camp du Premier ministre britannique, dans un tweet concis.

« En attente de la lettre » (de Boris Johnson, NDLR), a-t-il écrit, ajoutant simplement qu’il venait de s’entretenir avec M. Johnson de la situation créée par le vote surprise de samedi à Londres.

« Il appartiendra au gouvernement britannique de nous informer sur les prochaines étapes dès que possible », a réagi, également sur Twitter, Mina Andreeva, porte-parole de l’exécutif européen, peu après le revers essuyé par Boris Johnson à la Chambre des communes.

Dans une atmosphère électrique, ce dernier avait imploré les députés britanniques de voter pour l’accord de divorce conclu in extremis cette semaine entre Londres et Bruxelles, à moins de deux semaines du 31 octobre, date fixée pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Mais il a été désavoué par un député de son propre camp, Oliver Letwin (conservateur), qui a fait adopter à une courte majorité un amendement compliquant singulièrement ses plans. Cet amendement contraint Boris Johnson à demander un report du Brexit le temps que soit adoptée toute la législation nécessaire à la mise en œuvre de l’accord qu’il a décroché à Bruxelles, validé jeudi par les 27.

Lire aussi : Quel scénario après le revers de Boris Johnson devant les députés britanniques ?

« La Commission prend acte du vote à la Chambre des communes de l’amendement #Letwin, ce qui signifie que l’accord de retrait lui-même n’a pas été mis aux voix aujourd’hui », a écrit Mina Andreeva sur Twitter.

Elle a ensuite, dans le même tweet, lancé son appel pour que Londres éclaircisse ses intentions « dès que possible ». Dans la foulée du vote de l’amendement Letwin, Boris Johnson a redit sa détermination à sortir son pays de l’UE coûte que coûte le 31 octobre, assurant ne pas vouloir « négocier de report » avec les 27.

Il a regretté que le vote historique qui était prévu samedi sur son accord de divorce avec Bruxelles soit désormais « vidé de son sens ». La présidence française a réagi de son côté en estimant qu’un nouveau report n’était « dans l’intérêt de personne ».

Légalement, Boris Johnson est tenu de formuler à l’UE une nouvelle demande d’extension de la date de sortie, déjà repoussée plusieurs fois. Mais rien n’oblige les 27 autres dirigeants de l’UE à répondre immédiatement. Un diplomate européen de haut rang joint par l’AFP a expliqué samedi que les 27 n’avaient rien à décider tant qu’ils n’avaient pas reçu de demande formelle.

Certain fatalisme

Une source européenne a fait part d’« un certain fatalisme » face à un énième rebondissement qui impose à nouveau « beaucoup de patience ». Les ambassadeurs des 27 doivent se retrouver dimanche matin à Bruxelles. La réunion devrait surtout être consacrée à la préparation du vote de ratification de l’accord de retrait prévu au Parlement européen, qui se réunit en séance plénière la semaine prochaine à Strasbourg.

Lundi, le président du Parlement, l’Italien David Sassoli, et les présidents de groupes se réuniront pour tirer les enseignements du vote britannique de samedi, a indiqué sur Twitter un porte-parole de cette assemblée, Jaume Duch. 

En attendant, samedi, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Londres pour réclamer un nouveau référendum.

Partager cet article Les députés ont décidé de repousser leur décision concernant l'accord conclu entre Boris Johnson et Bruxelles.

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