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Brexit : Boris Johnson a perdu un vote crucial au Parlement – Le Monde

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Les opposés au « no deal » comptent bien faire adopter, mercredi, une législation obligeant le premier ministre à aller quémander un report du divorce avec l’UE.

Par et Publié aujourd’hui à 03h45

Temps de Lecture 6 min.

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Le premier ministre britannique Boris Johnson, au centre, le 3 septembre à la chambre des communes, à Londres.

Encore une folle journée en direct de Brexitland. Elle s’est particulièrement mal déroulée pour Boris Johnson, mardi 3 septembre. Et la soirée fut pire encore. En l’espace de quelques heures, pour sa première confrontation avec le Parlement revenu de vacances, le premier ministre britannique a perdu ce qu’il lui restait de majorité à la Chambre des communes. Echoué à éviter une véritable rébellion dans son propre camp conservateur, et perdu une sacrée manche face aux opposés au « no deal », qui ont réussi à prendre le contrôle de l’ordre du jour législatif. Ces élus comptent bien faire adopter mercredi 4 septembre une législation l’obligeant à aller quémander un report du divorce avec l’Union européenne (UE).

Lire notre suivi de l’après-midi de débat : « Pour Boris Johnson, la perte de sa majorité absolue est un lourd symbole »

« Oooooorder ! » Boris Johnson vient de prendre la parole à la Chambre, il est 15 h 30, et John Bercow, le président, qui n’a rien perdu de sa puissance vocale pendant la pause estivale, aboie déjà. Les députés sont chauffés à blanc. La décision du premier ministre, fin août, de fermer le Parlement pour cinq longues semaines juste avant le Brexit ne passe toujours pas. Tout comme les menaces tous azimuts, proférées par son entourage, de ne pas respecter une initiative parlementaire visant à bloquer un « no-deal », ou de priver d’investiture les tories qui voteraient cette loi : elles ont au contraire galvanisé les conservateurs « rebelles ».

« Je négocie un accord avec Bruxelles [le premier ministre dit vouloir une suppression du “backstop” irlandais], il n’y aura pas de décalage supplémentaire et inutile du Brexit », articule le premier ministre, la voix couverte par les « noooo » de l’opposition. « Jamais jusqu’à présent, les Communes n’ont forcé un premier ministre à accepter ainsi une loi [anti- « no deal »]. Cela va permettre à l’UE de garder le Royaume-Uni en son sein, et à ses propres conditions ! C’est une loi défaitiste », ajoute nerveusement M. Johnson, dans un clin d’œil très appuyé au fameux « We shall never surrender », de Winston Churchill, son grand homme.

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