Branle-bas de combat chez Facebook face à la désertion d’Unilever et Coca-Cola

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Branle-bas de combat chez Facebook face à la désertion d'Unilever et Coca-Cola

Le géant des réseaux sociaux a annoncé une poignée de changements dans la gestion de cette plateforme. L’objectif ? Lutter contre les discours de haine et prévenir la désinformation en vue des élections américaines de 2020. Cela inclut l’étiquetage des contenus litigieux.

« Les élections de 2020 s’annonçaient déjà passionnantes, avant que nous ne soyons tous confrontés à la complexité supplémentaire de voter pendant une pandémie et de manifester pour la justice raciale dans tout le pays », a déclaré Mark Zuckerberg. « Nous allons permettre aux gens de partager ce contenu pour le condamner, tout comme nous le faisons avec d’autres contenus problématiques, parce que c’est une partie importante de la façon dont nous discutons de ce qui est acceptable dans notre société – mais nous ajouterons une mention pour dire aux gens que le contenu qu’ils partagent peut violer nos politiques », a-t-il poursuivi.

Après que le réseau social a déclaré en janvier que les utilisateurs pourraient voir moins de publicités politiques, mais qu’il ne les bloqueraient pas, Mark Zuckerberg a déclaré qu’il voulait faire plus pour interdire le « langage incendiaire qui a été utilisé pour semer la discorde » en interdisant une catégorie plus large de contenu haineux dans les publicités.

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Les principaux annonceurs de la plateforme, des poids lourds, ont annoncé se retirer

Facebook interdira donc les affirmations selon lesquelles des personnes d’une race, d’une ethnie, d’une origine nationale, d’une affiliation religieuse, d’une caste, d’une orientation sexuelle, d’une identité de genre ou d’un statut d’immigration spécifique constituent une menace pour la sécurité physique ou la santé. « Nous élargissons également nos politiques afin de mieux protéger les immigrants, les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile contre les publicités suggérant que ces groupes sont inférieurs ou exprimant du mépris, du rejet ou du dégoût à leur égard », a-t-il précisé.

Facebook a annoncé que ses investissements dans l’intelligence artificielle lui ont permis de trouver 90 % des discours de haine avant que les utilisateurs ne les signalent.

Ces changements annoncé par Zuckerberg surviennent alors que les principaux annonceurs de la plateforme, des poids lourds, ont annoncé se retirer.

La Ligue anti-diffamation, la NAACP, Sleeping Giants, Colors of Change, Free Press et Common Sense ont appelé les entreprises cesser d’acheter des publicités sur Facebook pour le mois de juillet. Ces oprganisations affirment que cela mettra la pression sur Facebook pour qu’il utilise ses 70 milliards de dollars de revenus publicitaires annuels pour soutenir les personnes qui sont la cible du racisme et de la haine.

Unilever, Verizon, Coca-Cola, Ben & Jerry’s et The North Face font partie des grandes entreprises qui ont rejoint la campagne #StopHateforProfit.

Unilever s’est engagé vendredi à suspendre ses dépenses sur Facebook aux Etats-Unis pour le reste de l’année. Cela représente environ 10 % des 250 millions de dollars qu’elle dépense chaque année en publicité sur Facebook, selon Richard Greenfield de LightShed Partners, une société de recherche sur les médias et les technologies, cité par Reuters.

Starbucks de son côté vient d’annoncer faire une pause dans ses budget publicitaires sur tous les réseaux sociaux. Le groupe va « avoir des discussions avec ses médias partenaires et des organisations de défense des droits civiques pour stopper la propagation des discours de haine », peut-on lire dans le communiqué.

A noter que pour l’heure Facebook n’a pas répondu aux demandes de remboursement des entreprises dont les publicités sont affichées à côté de contenus qui sont ensuite retirés pour violation de la politique de publication de Facebook.

En juin, la Commission européenne a annoncé de nouvelles lignes directrices pour les entreprises de technologie, y compris Facebook, afin qu’elles soumettent des rapports mensuels sur la manière dont elles traitent la désinformation sur le coronavirus.

En France, la mise à jour il y a quelques semaines de groupes de discussion modérés par des policiers et contenant des messages racistes pose également la question de la façon dont Facebook gère la publication de contenu sur sa plateforme.

Vendredi, la baisse de 8,3 % du cours de l’action de Facebook a fait disparaître 56 milliards de dollars de capitalisation boursière.

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