Bouches-du-Rhône : plus de 9 000 amendes forfaitaires pour usage de drogue – Sud Ouest

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Plus de 9 000 amendes forfaitaires pour usage de drogues (AFD) ont été établies en un an dans les Bouches-du-Rhône, le chiffre le plus élevé dans un département français en dehors de l’agglomération parisienne

Plus de 9 000 amendes forfaitaires pour usage de drogues (AFD) ont été établies en un an dans les Bouches-du-Rhône, le chiffre le plus élevé dans un département français en dehors de l’agglomération parisienne, a indiqué à l’AFP la Préfecture de police.

D’un montant de 200 euros, cette amende érigée en symbole de la guerre contre la drogue et voulue par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a commencé à être expérimentée dès le 16 juillet 2020 dans les Bouches-du-Rhône avant d’être étendue à toute la France en septembre.

« Les agents de la direction départementale de la sécurité publique (police) ont dressé 7 316 amendes forfaitaires délictuelles, ceux du groupement de gendarmerie départementale 1 595 et les services de la police aux frontières 214 », a précisé la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Un outil simple et parfois critiqué

« Sans consommateurs, il n’y a pas de trafic. En complément de la stratégie de pilonnage des points de deal et du travail judiciaire pour démanteler les réseaux, les AFD apportent une réponse immédiate pour sanctionner les consommateurs », a souligné la préfète de police Frédérique Camilleri.

« Policiers et gendarmes des Bouches-du-Rhône se sont très bien approprié cet outil simple et l’utilisent très fréquemment, aussi bien dans les cités marseillaises que lors de contrôles routiers ou de patrouilles de voie publique », a-t-elle ajouté.

Les Français sont les premiers consommateurs de cannabis en Europe avec cinq millions d’usagers annuels, dont 900 000 fumeurs quotidiens. L’amende forfaitaire est louée par certains policiers et responsables politiques comme une « réponse plus efficace au délit d’usage de stupéfiants », qui évite « d’engorger les tribunaux ».

Mais l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) est plus mitigé. « La montée en puissance de cette dynamique de pénalisation financière s’est faite au détriment des mesures à dimension sanitaire individualisées, devenues rares », a observé l’OFDT dans son bilan fin avril.

En France, une loi de 1970, parmi les plus répressives d’Europe, prévoit théoriquement de punir l’usage illicite de stupéfiants d’une peine allant jusqu’à un an de prison et 3 750 euros d’amende. Mais l’emprisonnement pour usage reste exceptionnel, les magistrats privilégiant, avant la mise en place de l’amende, des « mesures alternatives aux poursuites » comme des rappels à la loi.

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