Boris Jonhson présente ses excuses pour la fête à Downing Street en plein confinement – Le HuffPost

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Dylan Martinez via Reuters
Le Premier ministre britannique Boris Johnson est au cœur de plusieurs scandales, au point que sa démission plane.

ROYAUME-UNI – Boris Johnson l’a concédé ce mercredi 12 janvier devant le Parlement britannique. Le Premier ministre conservateur a bien participé à un rassemblement dans les jardins de Downing Street en plein confinement, bien qu’il pensait “implicitement” qu’il s’agissait d’une réunion de travail et que l’événement respectait les règles sanitaires alors en vigueur, assumant la “responsabilité” des “erreurs” qui ont été commises.

Cet aveu intervient deux jours après les révélations de la presse britannique. Celle-ci révèle que le 20 mai 2020, le secrétaire particulier en chef de Boris Johnson, Martin Reynolds, aurait envoyé un mail à une centaine de personnes, les conviant “après une période incroyablement chargée”, à “profiter du beau temps” lors d’un pot “avec distanciation sociale” dans les jardins de Downing Street. D’après certains médias britanniques, le chef du gouvernement était accompagné de son épouse Carrie, ainsi qu’une trentaine d’autres convives.

De quoi provoquer l’ire des Britanniques: le même jour, le ministre de la Culture Oliver Dowden rappelait à la population anglaise les strictes règles en vigueur: “Vous pouvez rencontrer une personne extérieure à votre foyer dans un lieu public, dehors, à condition que vous restiez à deux mètres l’un de l’autre.”

Appels à la démission

Après les excuses de Boris Johnson, le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer, a réclamé sa démission. “Sa défense qui consiste à dire qu’il ne savait pas qu’il était à une fête est tellement ridicule que c’est en fait insultant pour le public britannique”, a déclaré Keir Starmer lors de la séance à la Chambre des communes. “Aura-t-il maintenant la décence de démissionner?”, a-t-il ajouté, accusant le dirigeant conservateur de “mentir comme un arracheur de dents”. 

Des appels à la démission sont même venus dans son propre camp. Le leader conservateur écossais, Douglas Ross, s’est dit “furieux” et avait demandé à Boris Johnson de se retirer du pouvoir si les faits étaient avérés. En cas de refus, il a même déjà évoqué une destitution par un vote de défiance au sein du parti, nécessitant 54 lettres pour être déclenché. 

“La question est simple”, avait aussi souligné sur la BBC la numéro deux de l’opposition travailliste Angela Rayner. Si Boris Johnson a “menti aux Britanniques, menti au Parlement et été présent à des fêtes pendant le confinement”, “il doit partir”.

“La question n’est pas de savoir si le Premier ministre va partir, mais quand”, aurait aussi taclé le ministre des Finances Rishi Sunak selon un député interrogé par le GuardianRishi Sunak aurait d’ailleurs déjà les faveurs du parti pour prendre la relève de Boris Johnson, tout comme la ministre des affaires étrangères Liz Truss.

Du point de vue de l’opinion, selon des sondages publiés mardi 11 janvier, une majorité de 56% à 66% des Britanniques estiment que Boris Johnson devrait démissionner, une proportion qui a fortement augmenté en quelques semaines. 

Scandales à répétition

Il faut dire que Boris Johnson est déjà au cœur de plusieurs scandales relatifs à des fêtes organisées pendant les périodes où les rassemblements étaient limités à cause de la pandémie de Covid-19. Une enquête interne se penche déjà sur des événements qui auraient été organisés en mai, novembre et décembre 2020 dans les cercles du pouvoir: vin et fromage au soleil, pot de départ ou quiz virtuel… Les premières conclusions de cette enquête menée par la haute fonctionnaire Sue Gray ne sont pas attendues avant la fin de la semaine prochaine, d’après le Times.

Le “partygate”, comme l’affaire a été nommée, n’est toutefois pas le seul bourbier dans lequel le chef du gouvernement est empêtré. Son ancien bras droit, Dominic Cummings, l’a accusé au printemps dernier de vouloir faire financer illégalement, par des donateurs privés, les luxueux travaux de son appartement de fonction, au montant largement supérieur à l’allocation annuelle qui lui est versée pour entretenir le 10 Downing street. Boris Johnson a nié et a été blanchi mais l’affaire a terni son image.

S’ajoute encore une sombre histoire de cocaïne retrouvée dans les toilettes de Westminster, le Parlement britannique. La plupart des “lieux d’aisance” (toilettes ou salles de bain) où des traces ont été retrouvées nécessitaient un pass parlementaire, et l’un de ses endroits se situerait proche du bureau du Premier ministre… qui venait de dévoiler un grand plan de lutte anti-drogue.

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