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Boris Johnson ou Jeremy Corbyn, le dilemme du patronat britannique – Le Monde

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Les chefs d’entreprise sont coincés entre, d’un côté, le Brexit dur des conservateurs et, de l’autre, les promesses de hausse d’impôts et de nationalisations des travaillistes.

Par Publié aujourd’hui à 08h59, mis à jour à 19h49

Temps de Lecture 4 min.

Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, lors de la conférence annuelle du patronat britannique, lundi 18 novembre, à Londres.

Rarement les relations entre les partis politiques britanniques et le patronat n’auront été aussi froides. Lundi 18 novembre, pour la conférence annuelle de la Confederation of British Industry (CBI), la principale organisation patronale du Royaume-Uni, les trois leaders des principaux partis politiques se sont succédé dans un immense auditorium d’un hôtel de l’est de Londres, face à une salle de chefs d’entreprise exaspérés et désemparés.

Boris Johnson, le premier ministre conservateur, a ouvert le bal avec un discours hésitant et des blagues tombant à plat. L’accueil a été glacial. Ajoutant au malaise, il a annoncé que l’impôt sur les sociétés, qui devait être réduit à 17 % en 2020, resterait finalement à son niveau actuel de 19 %, afin de financer son plan d’investissements publics.

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Immédiatement après, Jeremy Corbyn, le leader de l’opposition travailliste, l’a suivi. Si sa présentation était plus structurée et plus posée, ses promesses de nationalisations et de hausse d’impôts sont mal passées.

Un changement brutal

Jo Swinson, leader des libéraux-démocrates, a conclu les annonces politiques. Gagnante à l’applaudimètre, promettant d’être « le parti du business », avec un programme centriste et anti-Brexit (elle promet de révoquer la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, sans même un nouveau référendum), elle a cependant un problème : son parti étant crédité de 16 % des intentions de vote dans les sondages – soit, respectivement, vingt-cinq et quinze points derrière les conservateurs et les travaillistes –, elle n’a presque aucune chance de devenir première ministre.

Carolyn Fairbairn, la directrice générale du CBI, n’a pas retenu ses coups, en dénonçant les « idéologies extrêmes »

Du point de vue du patronat britannique, le choix pour les élections législatives du 12 décembre est catastrophique : à droite, les conservateurs de M. Johnson souhaitent un Brexit dur, le plus vite possible ; de l’autre, les travaillistes de M. Corbyn veulent nationaliser à tour de bras, augmenter les impôts et lancer un programme d’investissements publics « d’un niveau jamais vu par ce pays », selon M. Corbyn. Après quarante ans de politique où les entreprises étaient au centre des préoccupations, de Margaret Thatcher à David Cameron en passant par Tony Blair, le changement est brutal.

« C’est la première fois de ma vie que j’hésite »

Carolyn Fairbairn, la directrice générale du CBI, n’a pas retenu ses coups, en dénonçant les « idéologies extrêmes ».

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