Bombardements au Nagorny Karabakh : Arméniens et Azerbaïdjanais s’accusent mutuellement – 20 Minutes

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Une femme assise sur les ruines de sa maison dans la ville de Terter en Azerbaïdjan. — Aziz Karimov/AP/SIPA

Forces arméniennes séparatistes du Nagorny Karabakh et armée azerbaïdjanaise s’accusaient mutuellement ce dimanche de bombarder des zones civiles, faisant des victimes, au deuxième jour d’une trêve humanitaire qui ne s’est toujours pas installée.

L’Azerbaïdjan a fait état de sept civils tués et 33 blessés dans le bombardement nocturne de la deuxième ville du pays, Gandja, à une soixantaine de kilomètres du front et qui avait déjà été visée à plusieurs reprises depuis une semaine. Le bureau du procureur général a indiqué que c’est un immeuble d’appartements qui a été touché, dénonçant une attaque « délibérée contre la population civile ».

Sur place, des sauveteurs portant des casques rouges fouillaient à mains nues dans les décombres d’un immeuble, ont constaté dimanche matin des journalistes de l’AFP, qui ont vu aussi le corps nu d’une victime sorti des gravats. Des femmes en pleurs assistaient à la scène.

Au total, ce sont neuf appartements qui ont été détruits, selon des témoins, par une frappe à 2h locales. « Tout ce pour quoi j’ai travaillé ma vie entière a été détruit », se désole Zaguit Aliev, un résident des lieux de 68 ans.

Accusations et contre-accusation

« Une pierre m’est tombée sur le visage, j’ai ouvert les yeux et une autre pierre est tombée. Je me suis dit, c’est quoi ça, et je ne pouvais rien voir, tout était dans un nuage de poussière », raconte une voisine, Akifa Baïramova, 64 ans, l’oeil au beurre noir après avoir été frappée par des débris dans son sommeil.

« L’Arménie doit savoir et le monde entier doit savoir : vous ne ferez pas peur aux Azerbaïdjanais avec des armes », proclame-t-elle. Le ministère de la Défense des séparatistes arméniens du Nagorny Karabakh a démenti lui avoir bombardé Gandja : « c’est un mensonge absolu ». Il assure « respecter l’accord de cessez-le-feu humanitaire » négocié à Moscou vendredi et censé être en vigueur depuis samedi midi.

Les séparatistes ont indiqué pour leur part que l’armée azerbaïdjanaise avait frappé dans la nuit « Stepanakert, Hadrout, Martouni et d’autres zones peuplées ». La présidence séparatiste a dénoncé « un manque de respect total de l’accord de Moscou » et « une agression contre la population civile ».

La capitale de la région du Nagorny Karabakh, Stepanakert, a en effet été la cible de frappes pendant la nuit de samedi à dimanche, selon des journalistes de l’AFP sur place qui ont compté trois à quatre vagues de bombardements, suivies d’une dizaine d’explosions à chaque fois.

La trêve humanitaire négociée en Russie par les ministres arménien et azerbaïdjanais des Affaires étrangères, sous l’égide de la diplomatie russe, doit permettre l’échange de corps de soldats et de prisonniers.

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