« Black Friday » : actions dans plusieurs villes contre la surconsommation et ses conséquences écologiques – Le Monde

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Action « anti-Black Friday » devant le siège d’Amazon France à Clichy, au nord de Paris, le 29 novembre 2019.

« On dit stop auBlack Fridayet son impunité ! » Plusieurs dizaines de personnes ont bloqué tôt dans la matinée, vendredi 29 novembre, un entrepôt Amazon en banlieue de Lyon, tandis que d’autres se sont rassemblées en sit-in devant le siège français du géant américain près de Paris, pour dénoncer à l’occasion du « Black Friday » la surconsommation et ses conséquences écologiques.

A Saint-Priest (Rhône), deux entrées de l’entrepôt bloquées par une centaine de militants écologistes étaient en cours d’évacuation aux alentours de 10 heures, selon la police et les organisateurs. Des images relayées sur Twitter par le mouvement Extinction Rebellion montraient des jeunes évacués sans ménagement par des policiers en tenue. Le mouvement a dénoncé « des violences indignes ».

Réunis à l’appel de plusieurs associations, dont Youth for Climate, Extinction Rebellion, Greenpeace et Attac, les protestataires entendaient dénoncer le principe même du « Black Friday », « journée dédiée à la surconsommation et aux achats compulsifs », selon une militante d’Alternatiba ANV Rhône.

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« Amazon a les émissions de gaz à effet de serre d’un Etat »

Un peu plus tôt, plusieurs dizaines de personnes s’étaient rassemblées devant le siège français d’Amazon à Clichy (Hauts-de-Seine), près de Paris. Réunis notamment à l’appel d’Attac et de Greenpeace pour cette action présentée comme « non violente et joyeuse », les manifestants ont déroulé des banderoles hostiles au géant du commerce en ligne, avant de s’asseoir devant le siège de l’entreprise.

« Aujourd’hui, Amazon a les émissions de gaz à effet de serre d’un Etat », a dénoncé sur place Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France. « On a besoin plus que jamais d’actions de désobéissance civile, car Amazon est un symbole d’impunité », notamment fiscale, a estimé l’eurodéputée Manon Aubry (La France insoumise, LFI), présente à ses côtés, de même que la députée Clémentine Autain (LFI).

Jeudi, plusieurs dizaines de militants de mouvements écologistes avaient brièvement bloqué un centre de distribution d’Amazon de la région parisienne pour dénoncer aussi les atteintes à l’environnement liées à la surconsommation. Ils avaient été délogés après environ deux heures d’action par les forces de l’ordre, qui n’ont pas fait usage de gaz lacrymogène. Huit personnes ont été interpellées pour « entrave à la circulation », selon une source policière.

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Des lieux de consommation pris pour cible

D’autres mobilisations sont prévues vendredi dans de nombreuses villes, qui devaient prendre pour cible les lieux de consommation, vecteurs de « soldes et de dépenses inutiles ». C’est le cas notamment à Rennes, où les Galeries Lafayette ont été bloquées par des militants d’Extinction Rebellion, d’ANV-COP21 et de Youth for Climate.

Enfin, 500 sociétés regroupées dans un mouvement Make Friday Green Again (créé à l’initiative de la marque de vêtements et de chaussures Faguo), dont Naturalia, Nature et découvertes, Camif.fr et de nombreuses jeunes griffes de mode, ont décidé de boycotter ce vendredi d’affaires. « Consommer moins mais mieux » est leur slogan, rejoignant ainsi les mobilisations des ONG.

Retrouvez nos tribunes sur le « Black Friday »

– Black Friday : « Réfléchissons à quel modèle nous voulons pour notre commerce de demain », par Ismaël Ould, président de Wynd, start-up parisienne, spécialisée dans la numérisation des réseaux de magasins.

– Black Friday : « Le besoin de proximité montre que la formule de l’épicerie de Potin n’a jamais été aussi contemporaine », par Mathieu Mercuriali (Architecte, chercheur au LIAT, maître de conférences associé à l’ENSA Paris-Malaquais) et Giulio Zucchini (Journaliste, spécialiste de l’innovation et de la communication numériques).

– Black Friday : « Le principe du pollueur payeur doit aussi s’appliquer au e-commerce », par Jean-Louis Missika, adjoint à la Mairie de Paris, chargé de l’urbanisme, de l’architecture, des projets du Grand Paris, de développement économique et président de Paris en commun ; Ariel Weil, maire du 4e arrondissement, tête de liste pour Paris en Commun dans Paris centre et Diana Filippova, cofondatrice de l’agence de communication Stroïka.

– Amazon : « Derrière le héros du néolibéralisme 2.0 se cache une vision du monde que nous devons combattre », par un collectif d’associations, d’ONG, d’intellectuels, parmi lesquels Ken Loach, Christophe Alévêque, Henri Sterdyniak, Claire Nouvian et Alain Damasio.

« Les chaînes de restauration rapide montrent un mépris absolu pour l’urgence écologique », par Flore Berlingen (Directrice de Zero Waste France), Antidia Citores (Porte-parole de Surfrider Foundation Europe) et Michel Dubromel (Président de France Nature Environnement).

A lire aussi :

Achats de Noël : plaidoyer pour un Black Friday à la française, par Cécile Prudhomme

– Black Friday : « Le capitalisme génère des besoins artificiels non soutenables écologiquement ». Entretien avec Razmig Keucheyan, sociologue à l’université de Bordeaux, propos recueillis par Nicolas Santolaria.

« Hypocrisie ambiante autour du “Black Friday” », par Philippe Escande.

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