Bioéthique: deux mesures polémiques rejetées lors d’un débat animé – Le Figaro

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Fabrication «d’orphelins de père», risque d’une «marchandisation de la procréation», «boîte de Pandore» qui mène à la GPA (gestation pour autrui)… Depuis lundi, un petit groupe de députés LR bataille en vain contre l’article 1er du projet de loi de bioéthique qui prévoit d’ouvrir la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Après des échanges tendus entre la droite et la majorité, les députés se sont affrontés mercredi sur les mesures les plus polémiques du texte. Celles qui divisent y compris au sein de la majorité. Pour le gouvernement, l’enjeu est de faire voter le texte le plus proche possible de sa version adoptée en première lecture. Sans les mesures ajoutées au texte en commission et jugées transgressives jusque sur les bancs de LREM.

Un premier amendement visant à autoriser la «Ropa» – une méthode qui autorise une femme en couple à se faire implanter un embryon conçu avec les ovocytes de sa partenaire – a été rejeté à 78 voix contre 31. Cette maternité partagée veut «faire croire qu’un enfant peut être l’enfant de deux femmes. Il y a là, une volonté d’évincer une réalité biologique», s’est élevée Annie Genevard (LR), après avoir critiqué un «don dirigé» en contradiction avec le principe d’anonymat du don. «On voit bien le glissement vers une GPA», a averti Thibault Bazin (LR).

Dilemme éthique

«Notre droit prévoit une utilisation prioritaire des gamètes du couple», a rétorqué le corapporteur du texte, Jean-Louis Touraine, en désaccord avec le gouvernement. Un peu plus tôt, Adrien Taquet, le secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles, avait en effet estimé que la «Ropa» était «en contradiction» avec la philosophie du projet de loi «selon lequel le projet parental repose sur l’amour sans que la biologie ne prime». Retour au calme avec le dilemme éthique de la PMA post-mortem – rebaptisée mardi «PMA post-moderne» par Jean Castex dans un lapsus. Ce sujet délicat rebat les cartes au sein des groupes politiques mais impose des échanges respectueux. À l’automne, la mesure avait été rejetée à neuf voix près. Les questions qu’elle soulève semblent insondables.

» Notre dossier – Projet de loi bioéthique: tout comprendre sur le débat qui agite la France

N’est-il pas paradoxal de permettre à une femme seule d’accéder à la PMA et d’interdire à une veuve de poursuivre un projet parental engagé avant le deuil? Pourquoi autoriser les mariages post-mortem et non le transfert d’un embryon conçu avant le décès du conjoint? Accepter la PMA post-mortem revient-il à refuser les limites de la mort? «Le décès d’un des membres du couple détruit le projet parental tel qu’il avait été pensé», s’est opposée Frédérique Vidal, la ministre de la Recherche, soucieuse de poser des limites au texte. «Une veuve et une femme seule, ce n’est pas la même chose, a abondé Annie Genevard (LR). Faire naître un enfant d’un homme qui est mort, c’est une situation qui n’est pas sans risque.» Marc Le Fur (LR) retient de ce débat «l’immense dignité de l’embryon» tandis que d’autres élus se sont à l’inverse inquiétés d’un risque de remise en cause du droit à l’IVG. «Plus de 80% des démarches de PMA se soldent par un échec, une fausse couche(…).C’est un traumatisme supplémentaire», a finalement souligné le ministre de la Santé, Olivier Véran. En fin d’après-midi, tous les amendements sur la PMA post-mortem ont été rejetés.

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