Biélorussie : Un deuxième manifestant anti-Loukachenko est mort, le centre de Minsk bouclé – 20 Minutes

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Un fourgon de police embarque des manifestants à Minsk, le 12 août 2020. — Sergei GAPON / AFP

Les autorités biélorusses ont annoncé ce mercredi la mort d’un manifestant interpellé lors d’un rassemblement contre la réélection du président Alexandre Loukachenko, le deuxième décès recensé depuis le début de ce mouvement de contestation violemment réprimé.

Lors des trois nuits de protestation précédentes, les forces de sécurité ont arrêté quelque 6.000 personnes à travers le pays, sans que l’on sache combien sont encore détenues. Depuis dimanche soir, la police use de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc contre les protestataires et au moins 250 blessés ont été admis à l’hôpital. L’accès à Internet a par ailleurs été fortement perturbé.

Une répression policière très forte

Le Comité d’enquête, un puissant organe d’investigation, a indiqué qu’un homme de 25 ans était mort dans un hôpital de Gomel (sud) après avoir été arrêté dimanche lors d’une « manifestation non autorisée ». Selon cette source, qui ne précise pas la date exacte du décès, sa santé s’est « subitement dégradée » alors qu’il était en détention.

Les heurts ont fait également un mort à Minsk et la police a dit avoir ouvert le feu à balles réelles à Brest (sud-ouest), faisant un blessé. Dans l’hypercentre de la capitale, les stations de métro ont été fermées ce mercredi soir et la circulation complètement interdite. De nombreux policiers étaient également déployés dans plusieurs rues principales.

Près de la station Ouroutché, au nord-est de Minsk, des manifestants ayant formé une chaîne humaine ont été dispersés et frappés par des policiers, au milieu des cris, selon une journaliste de l’AFP. Des dizaines de femmes ont également formé des chaînes humaines dans d’autres endroits de la capitale pour dénoncer la répression policière visant les protestations contre la réélection le 9 août du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans.

« Vous êtes aussi le fils de quelqu’un ! », proclamaient des pancartes portées par une cinquantaine de manifestantes, vêtues de blanc, dans la rue Sourganov, une artère d’habitude très animée de la capitale, ce soir quasiment vide.

Une répression fortement dénoncée à l’international

Voisins de la Biélorussie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, ont présenté mercredi un plan prévoyant la création d’un « conseil national » réunissant des représentants du gouvernement biélorusse et de la société civile, sous peine de sanctions de Bruxelles.

Le président français Emmanuel Macron a lui exprimé sa « très grande préoccupation ». Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, la chancellerie allemande Angela Merkel et le Haut-Commissaire à l’ONU aux droits de l’homme ont également dénoncé la répression.

Le ministère biélorusse de l’Intérieur a lui estimé que la mobilisation des manifestants était désormais en baisse.

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