Biélorussie : La police disperse de nouvelles manifestations, un mort – 20 Minutes

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En Biélorussie, la police a violemment réprimé les manifestations contre la réélection du président Alexandre Loukachenko le 10 août 2020. — Sergei Grits/AP/SIPA

La colère ne retombe pas. Un manifestant est mort lundi en Biélorussie lors des protestations contre la réélection pour un sixième mandat du président Alexandre Loukachenko, dispersées par la police pour la deuxième soirée consécutive. Un manifestant a été tué lundi soir par l’engin explosif qu’il s’apprêtait à lancer sur les forces de l’ordre, et qui a explosé dans ses mains, selon la police. L’opposition conteste les résultats officiels, donnant Loukachenko vainqueur avec 80,08% des voix, et estime le scrutin falsifié.

Des milliers de ses partisans sont escendus dans la rue lundi soir, à plusieurs endroits de Minsk, la capitale, et dans d’autres villes de cette ex-république soviétique. Scandant «Honte!», les manifestants ont fait face à d’importantes forces policières qui ont donné sans ménagement des coups de pieds et de matraques aux protestataires. Un témoin interrogé par l’AFP et plusieurs médias russes et biélorusses ont fait état de l’utilisation de gaz lacrymogène, de tirs de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes par les forces de l’ordre. Selon ce témoin, au moins une journaliste a été blessée à la jambe. La police a annoncé avoir procédé à des arrestations de manifestants.

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Barricades à Minsk

Dans la nuit, des barricades ont été érigées dans des rues centrales de Minsk, en marquant une escalade des tensions, et plusieurs explosions se sont fait entendre, selon des journalistes de l’AFP.

Pour sa part, la rivale principale de Loukachenko à cette élection, Svetlana Tikhanovskaïa, a décidé de ne pas prendre part aux protestations pour éviter des «provocations» et était injoignable dans la soirée, son équipe ne sachant pas où elle se trouvait, a affirmé à l’AFP sa porte-parole Anna Krassoulina.

Des manifestations spontanées émaillées de heurts avec les forces de l’ordre, qui ont fait des dizaines de blessés, avaient déjà éclaté dimanche soir dès l’annonce des premiers résultats donnant gagnant Alexandre Loukachenko, 65 ans et qui dirige le pays d’une main de fer depuis 1994.

Plus de 3.000 personnes ont alors été arrêtées et 21 dossiers criminels pour «troubles de masse» ont été ouverts. Svetlana Tikhanovskaïa a passé 3 heures à la Commission électorale lundi soir pour exiger un nouveau comptage des voix, avant de partir sans faire de déclarations.

«Pas digne d’être président»

A l’étranger, la Commission européenne, Paris, Berlin et Londres ont condamné la répression. Varsovie a demandé un sommet de l’UE consacré au sujet. Washington s’est dit «grandement préoccupé». A l’inverse, les dirigeants russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping, ont félicité le président Loukachenko. Ce dernier avait pourtant accusé Moscou de vouloir vassaliser son pays et de chercher à le déstabiliser.

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