Beyrouth: ce qu’il faut savoir 24 heures après les terribles explosions – BFMTV

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Plus d’une centaine de morts, des milliers de blessés et une ville dévastée. Alors que Beyrouth se relève difficilement des explosions, la population libanaise réclame le départ de la classe politique qui en appelle à l’aide internationale.

Le Liban en deuil. 24 heures après les terribles explosions qui ont soufflé la ville de Beyrouth, les autorités ont décrété l’état d’urgence pour les deux semaines à venir, signe du choc vécu par la population libanaise.

Selon un dernier bilan provisoire, les explosions massives survenues mardi au port de Beyrouth ont fait 113 morts et des dizaines de disparus. Parmi ces victimes figurent un architecte français décédé dans l’explosion. Plus de 4.000 personnes ont été blessées dont 21 Français selon le parquet de Paris qui a ouvert une enquête pour “blessures involontaires”.

Un lourd bilan auxquels doivent faire face les hôpitaux de la ville, saturés et déjà confrontés à l’épidémie de coronavirus.

La moitié de la ville détruite ou endommagée

Jusqu’à 300.000 personnes sont également sans domicile, a anoncé le gouverneur de Beyrouth, Marwan Abboud, évoquant une situation “apocalyptique”. ” Près de la moitié de Beyrouth est détruite ou endommagée”, a indiqué le gouverneur qui a estimé les dommages matériels à “entre trois et cinq milliards de dollars”.

Une grande partie de la capitale libanaise s’est transformée en véritable scène de guerre en l’espace de quelques secondes. Les explosions ont eu lieu au port de Beyrouth, qui a laissé placé désormais à un grand cratère.

Le nitrate d’ammonium à l’origine de la déflagration

Environ 2750 tonnes de nitrate d’ammonium étaient stockées dans l’un des entrepots du port depuis plusieurs années, a confirmé mardi soir le Premier ministre libanais.

“Il est inadmissible qu’une cargaison de nitrate d’ammonium, estimée à 2750 tonnes, soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution. C’est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire sur cette question”, a dénoncé Hassan Diab au cours d’une réunion du Conseil supérieur de défense.

Le nitrate d’ammonium est un engrais chimique utilisé par les agriculteurs mais pouvant aussi être utilisé dans des engins explosifs. Une substance chimique responsable de plusieurs tragédies comme l’explosion du cargo norvégien Ocean Liberty à Breste en 1947 mais aussi celle de l’usine chimique AZF dans la banlieue de Toulouse, causant la mort de 31 personnes.

Contacté par BFMTV, le directeur des douanes du port de Beyrouth a accusé les autorités libanaises de ne pas avoir pris la mesure du danger, ces tonnes de nitrates d’ammonium ayant été saisies sur un navire étranger il y a environ six ans.

L’entrepôt n’était “pas bien équipé” pour accueillir cette substance, estime Badri Daher.

Les autorités du pays pointées du doigt

Cette tragédie survient dans un contexte difficile pour le Liban. Le pays est confronté à sa pire crise économique, marquée par une dépréciation inédite de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques.

Une situation de crise qui a poussé le gouvernement à décreter trois jours de deuil national. Les autorités libanaises ont par ailleurs réclamé ce mercredi l’assignation à résidence de toute personne impliquée dans le stockage des tonnes de nitrate d’ammonium à l’origine d’une explosion meurtrière dans le port de Beyrouth la veille. Problème: les autorités du port, les services des douanes et des services de sécurité au courant de la présence de ces matières chimiques dangereuses, se rejettent mutuellement la responsabilité du dossier.

Une confusion qui a suscité la colère auprès de nombreux citoyens libanais, ces derniers appelant au départ de l’ensemble des dirigeants du pays alors que la classe politique est accusée de corruption et d’incompétence face à une crise économique et sociale inédite.

“Partez tous! (…) Vous êtes corrompus, négligents, destructeurs, immoraux. Vous êtes des lâches. C’est votre lâcheté et votre négligence qui ont tué les gens”, a lancé un journaliste libanais connu, Marcel Ghanem, dont l’émission télévisée jouit d’une grande audience.

Solidarité internationale

De nombreux pays ont rapidement proposé de l’aide au Liban, notamment la France qui a envoyé trois avions d’assistance humanitaire.

Emmanuel Macron a également annoncé ce mercredi qu’il se rendra jeudi au Liban accompagné du ministre des Affaires Étrangères Jean-Yves Le Drian pour rencontrer “l’ensemble des acteurs politiques” et faire “le point sur la situation avec les autorités politiques”.

La Tour Eiffel sera par ailleurs éteinte à partir de minuit mercredi “pour rendre hommage à toutes les victimes”, a par ailleurs tweeté la maire PS de Paris Anne Hidalgo, qui a aussi annoncé une “aide d’urgence exceptionnelle de 100.000 euros”.

Les Etats-Unis ont également proposé leur aide. “Notre équipe à Beyrouth m’a informé des dommages importants infligés à une ville et à un peuple que je chéris”, a déclaré le secrétaire d’Etat Mike Pompeo.

“Le Royaume-Uni est prêt à apporter son soutien de toutes les manières possibles, y compris aux ressortissants britanniques touchés”, a tweeté le Premier ministre Boris Johnson. La Elizabeth II a réagi aux explosions, se disant “profondément attristée” par ce drame.

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Israël a proposé “une aide humanitaire et médicale” au Liban, pays voisin avec lequel il est techniquement en état de guerre. Une accalmie entre les deux pays qui se reflète par l’illumination de l’hôtel de ville de Tel-Aviv qui porte ce mercredi soir le drapeau libanais.

Hugues Garnier avec AFP

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