Bernard Debré, ancien ministre et député, est mort – Le Parisien

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Il a été longtemps le « fils de » et le « frère de »… Fils de Michel Debré, Premier ministre du général de Gaulle et père de la Constitution de la Ve République, mais aussi faux jumeau de Jean-Louis Debré, ancien ministre et ex-président UMP de l’Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel. Il a fallu quelques années à Bernard Debré pour se faire un prénom. Comme l’annonçait Le Point, il est mort, ce dimanche, à l’âge de 75 ans, des suites d’un cancer.

Bâtissant d’abord sa notoriété comme urologue puis professeur de médecine de renom, Bernard Debré était depuis plus de trente ans l’un des piliers de la vie politique. En tant que député d’Indre-et-Loire (1986-1994) puis de Paris (2004-2017) et comme maire d’Amboise, le fief familial, de 1992 à 2001.

Bien ancré à droite, l’homme au regard clair, au verbe haut et l’humour cinglant était avant tout un iconoclaste. Celui qui a soutenu François Fillon lors de la dernière présidentielle avait été ministre de la Coopération d’Edouard Balladur… à la demande de François Mitterrand, alors à l’Elysée. Quelques années, auparavant, il avait participé à l’opération de la prostate du chef de l’Etat à l’hôpital Cochin (Paris XIVe).

En 2012, Bernard Debré se lance dans la course aux législatives à Paris, comme dissident de l’UMP, dans le but affiché d’« en finir avec le système Chirac ». Il siégera sur les bancs du Palais Bourbon pendant treize ans.

Le monde fermé des mandarins a lui aussi tremblé sous les coups d’estocs du professeur. En 2012, il publie un « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux » qu’il lui vaut une condamnation par le Conseil de l’Ordre à un an d’interdiction d’exercice pour « non-confraternité ». En 2018, il rédige avec le pneumologue Philippe Even « Dépressions, antidépresseur : le guide », où il pourfend aussi bien ses confrères que l’industrie pharmaceutique. Sa dernière croisade, une interview sur le site d’informations Atlantico dans laquelle il accuse « les militants de l’euthanasie (qui) feignent de ne pas voir ce qui existe déjà pour aider les patients en fin de vie ».

L’ensemble de la classe politique a salué sa mémoire. Il était « un homme chaleureux et passionné » pour Richard Ferrand, le président LREM de l’Assemblée nationale, « un homme farouchement libre et inclassable dans la classe politique », pour Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France. Jean Leonetti, ancien ministre des Affaires européennes et maire d’Antibes (Alpes-Maritimes), a salué un « esprit libre et empreint d’humanisme. »

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