« Beauvau de la sécurité » : Gérald Darmanin promet un nouveau schéma de maintien de l’ordre à la rentrée – 20 Minutes

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Ministre de l’intérieur depuis un an (et deux jours), Gérald Darmanin n’a pas eu à gérer la crise des 
« gilets jaunes ». Or depuis les manifestations hebdomadaires du mouvement, entre fin 2018 et début 2020, la question du maintien de l’ordre est devenue particulièrement épineuse dans le débat public. Violences, dégradations, manifestants éborgnés par l’utilisation de LBD… « La perception du maintien de l’ordre par les Français a changé », a observé ce jeudi Guillaume Farde, professeur affilié à l’école d’affaires publiques de Sciences po et chercheur associé au Cevipof, lors d’une table ronde du « Beauvau de la sécurité » consacré à cette thématique. Entre décembre 2018 et février 2020, la confiance des Français dans la police et la gendarmerie a perdu 8 points, note-t-il.

« On a perdu très vite la bataille de la communication sur les premiers week-ends de “gilets jaunes” alors qu’on avait de quoi gagner le cœur de l’opinion publique avec ce qui a pu se passer à certains endroits, notamment en haut des Champs-Elysées », remarque le secrétaire général d’Unité SGP police-FO, Grégory Joron. « La guerre de l’image, on ne l’a pas beaucoup menée », regrette Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie officiers. Il estime que le parquet de Paris à tendance à ouvrir des enquêtes « uniquement sur la diffusion sur Twitter ou les réseaux sociaux d’une vidéo tronquée ».

Plus le temps de s’entraîner

Lors des premières manifestations de « gilets jaunes », « on a envoyé des collègues qui n’étaient pas formés et pas équipés pour ça », poursuit Patrice Ribeiro, ajoutant qu’il y a eu « beaucoup de blessés » parmi les policiers. « Le maintien de l’ordre, c’est un métier de spécialistes, ça doit le rester », complète Frédéric Le Louette, président de l’association GendXXI et membre du conseil de la fonction militaire de la gendarmerie. Mais, ajoute ce sous-officier, ces unités – en particulier les CRS et les gendarmes mobiles – manquent de temps pour s’entraîner. « Nous ne pouvons plus, dit-il, avec les contraintes opérationnelles qui sont les nôtres, nous former correctement. » Un constat partagé par Grégory Joron. Le syndicaliste remarque que les autorités déploient aujourd’hui « des moyens de force démesurés, quelle que soit la manifestation ».

Les représentants des syndicats de police ont unanimement réclamé des effectifs supplémentaires. Johann Cavallero, délégué national CRS du syndicat Alliance, estime aussi nécessaire de « revoir les missions permanentes des CRS ». « Les CRS et escadrons de gendarmes mobiles doivent être dédiés à leur cœur de métier et non, comme malheureusement c’est parfois le cas, à des missions de garde statique », abonde Sabrina Rigolet, secrétaire nationale du SCSI-CFDT.

« Tout le monde en France peut avoir un drone sauf la police »

Au cours de la réunion, le ministre de l’Intérieur a fait savoir qu’il souhaitait présenter en « septembre » un nouveau schéma national de maintien de l’ordre « validé par le Conseil d’État ». La plus haute juridiction administrative a, le 10 juin dernier, infligé un désaveu à Gérald Darmanin en annulant plusieurs dispositions de ce texte présenté en septembre 2020, dont la technique de la « nasse » – qui consiste à encercler les manifestants et les retenir dans un périmètre donné – telle qu’elle était présentée par le ministre de l’Intérieur, et l’obligation faite aux journalistes de quitter les lieux lors de la dispersion des manifestations.

Le ministre a par ailleurs confirmé qu’il représenterait au Parlement un nouveau dispositif pour l’utilisation des drones lors de manifestations, car il ne comprend pas « que tout le monde en France [puisse] avoir un drone sauf la police ». Ce point, contenu dans la loi « sécurité globale », a été en effet censuré par le Conseil constitutionnel en mai dernier. Le Beauvau de la sécurité devrait être conclu « en septembre par le président de la République ».

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