Bayrou mis en examen : le point sur l’affaire des assistants parlementaires du MoDem – Le Monde

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Marielle de Sarnez et François Bayrou lors d’un événement de campagne de LRM en amont des élections européennes, à Paris, le 24 mai.

Il s’était préparé au pire. Le 28 novembre, sur le plateau de BFMTV, François Bayrou relativisait : « Tout le monde est mis en examen ou à peu près dans la vie politique française. »

Au MoDem, la phrase est d’actualité. Alors que depuis un mois, au moins une dizaine d’anciens élus ou cadres du mouvement ont été mis en examen dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens, le président du parti centriste, convoqué vendredi 6 décembre par les juges du pôle financier de Paris, vient de connaître le même sort judiciaire. Il est visé du chef de « complicité de détournement de fonds publics ».

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« Cette mise en examen, annoncée à l’avance dans les journaux, a été décidée à l’encontre de tous les éléments de preuves produits. La suite de l’instruction montrera qu’elle est totalement infondée », a déclaré à l’Agence France-presse (AFP) Pierre Cornut-Gentille, l’avocat de François Bayrou.

Qu’il semble loin, le temps de l’assurance affichée. Le temps où François Bayrou, éphémère ministre de la justice du premier gouvernement d’Edouard Philippe, expliquait, catégorique, à l’été 2017, au moment de son départ : « Toutes celles et tous ceux qui ont travaillé au MoDem avaient un contrat de travail et une fiche de paie, et cela sera aisé à prouver. » Et d’insister : « La gestion de la ressource humaine dans notre mouvement a été régulière, normale, légale et, je l’affirme, morale. »

Deux ans plus tard, loin de l’image d’un chef de parti sûr de son fait et au courant de son fonctionnement, c’est un tout autre visage que François Bayrou a livré aux policiers qui l’ont auditionné le 11 septembre. Celle d’un dirigeant mal informé sur les rouages internes de son parti. Il affirme ainsi ne pas avoir su que le directeur administratif et financier du MoDem, Alexandre Nardella, était le tiers payant de la majorité des eurodéputés centristes, poste central dans la gestion des enveloppes parlementaires. « Je n’ai pas la compétence sur la gestion des assistants parlementaires », a-t-il résumé, mi-septembre.

Face à des enquêteurs soupçonnant une « pratique institutionnalisée duprêtd’assistant parlementaire », M. Bayrou a parfois peiné à répondre aux questions allant même jusqu’à soutenir que « bien loin de financer le parti, les députés européens étaient aidés par celui-ci ».

  • Les témoignages d’eurodéputés

Dès 2007, certains eurodéputés sont mécontents de s’être vu imposer des assistants parlementaires qui ne travaillent pas assez pour eux et trop pour le parti. Dans un mail du 12 décembre 2007, la députée européenne Claire Gibault se plaint auprès d’une permanente du parti dont elle prend en charge 60 % du salaire : « Vous savez aussi bien que moi que vous consacrez bien plus qu’un tiers de votre temps de travail à vos activités au sein du MoDem. »

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