Basques disparus au Mexique : « Ils étaient menacés… », les proches du couple craignent le pire – Sud Ouest

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Ces proches, qui ont formé un groupe WhatsApp pour activer les recherches et les contacts sur place, veulent « savoir la vérité ». Ils ont saisi les autorités françaises et l’ex-femme du Luzien, une Mexicaine qui vit aujourd’hui à San Francisco et a eu deux enfants avec lui, était sur place, à Valladolid au Mexique (État du Yucatán) pour déposer plainte fin septembre.

Michel Amado, qui possédait des appartements en bord de mer, et Assya Madjour venaient d’y acheter une auberge de jeunesse pour la transformer en hôtel de luxe. Ils projetaient même d’ouvrir un second établissement, avec la vente des appartements.

Demande de rançon

L’ex-femme du disparu a donc porté plainte au commissariat de Valladolid, une ville située entre la capitale du Yucatán, Mérida, et la célèbre Cancún. « Dans un premier temps, la police locale a refusé sa plainte avant de la prendre, dit une autre amie du couple depuis l’Espagne. Son ex-épouse a eu des menaces par téléphone en sortant du commissariat et, le 30 septembre une demande de rançon, ce qui est assez courant au Mexique… »

« Ils n’avaient aucune raison de partir en vacances, surtout dans ce type d’endroit ! Tout ceci est très bizarre… »

La Mexicaine s’est réfugiée dans une grande ville de ce pays gangrené par la violence et contrôlé par les cartels de la drogue. Elle craint pour sa vie, ainsi que celle de ses enfants. « Car ils sont les héritiers si on ne retrouve pas leur père, explique-t-elle. Et là-bas, c’est très, très compliqué ! Bakchich et racket sont monnaie courante dans la vie quotidienne. Tout le monde est racketté, les bars, restaurants, hôtels, et même tous ceux qui ont un commerce doivent payer : ils appellent ça le droit au logement (« derecho de piso »). Cet appel pour un racket, c’est une piste parmi d’autres… mais là, je le crains, c’est pire que ça. Michel avait des biens de valeur. Et pour financer ses hôtels, il avait besoin de liquidités. Son maçon avait même été menacé… »

« Ils ne sont pas au Chiapas »

L’enquête est en cours : enlèvement ou crime crapuleux ? Leur disparition a été déclarée par les autorités françaises, le 30 septembre. Un journal local, « Reforma », a écrit que les Basques étaient « portés disparus depuis le 12 septembre, au Chiapas », affirmant qu’ils se situaient dans « un centre spirituel » à San Cristóbal de las Casas, l’une des principales destinations touristiques du Mexique. La sœur d’Assya Madjour, Nawel, a signalé la disparition sur les réseaux sociaux, évoquant, elle aussi, leur présence dans le Chiapas, à 800 kilomètres de leur domicile.

Les proches de Michel Amado n’y croient pas. Selon l’une de ses amies, qui vit au Pays basque, le couple « n’est pas parti au Chiapas, à plus de dix heures de chez eux, dans un centre spirituel comme le laissent entendre des SMS reçus mi-septembre ! C’est une connerie, pour brouiller les pistes. Il y avait des fautes de français à chaque ligne, ce qui n’est pas dans les habitudes de Michel ! Ils n’avaient aucune raison de partir en vacances, surtout dans ce type d’endroit ! Tout ceci est très bizarre… »

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D’après des « enquêteurs » dépêchés sur place par ce groupe, les téléphones du couple ont borné à Playa del Carmen (Yucatán) récemment. « Peut-être qu’ils sont vivants et qu’ils se cachent car ils étaient menacés, dit encore l’amie du couple. On s’accroche à ce que l’on peut. Ce n’est guère envisageable, malheureusement car Assya était tout le temps connectée. J’avais eu une dernière visio avec elle le 16 août, cinq jours avant son mariage. Je n’ai pas pu y aller. Maintenant, on veut savoir la vérité. Retrouver les corps, savoir ce qu’il s’est vraiment passé. On ne peut pas se couper comme cela de ses amis du jour au lendemain… »

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