Back Market : Le spécialiste des appareils reconditionnés devient une “licorne” française

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Back Market : Le spécialiste des appareils reconditionnés devient une

Back Market a annoncé mardi avoir levé 276 millions d’euros lors de son dernier tour de table, devenant ainsi la 14e licorne française. Mais cette bonne nouvelle laisse un goût amer au leader du reconditionné en France, qui défend les intérêts économiques de la filière face à un projet du gouvernement sur la taxation des appareils reconditionnés.

Alors que le projet de loi pour réduire l’empreinte carbone du numérique est discuté, ce mardi 18 mai, en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, avant un examen par les députés début juin, la possible taxation des produits reconditionnés inquiète les acteurs de la filière du reconditionnement. Dans un communiqué, Back Market partage ses craintes vis-à-vis de la taxe copie privée appliquée aux appareils reconditionnés qui se prépare.

Cette levée de fonds est « évidemment une excellente nouvelle pour Back Market – et particulièrement pour son développement international », soutient Thibaud Hug de Larauze, CEO et cofondateur de Back Market. La société compte à ce jour près de 5 millions de clients dans 12 pays, et 1 500 vendeurs sur sa plateforme. Toutefois, « il est impossible de s’en réjouir alors que la filière de reconditionneurs de l’Hexagone se retrouve dans une situation extrêmement précaire sous l’effet de cette redevance », poursuit-il.

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Un manque à gagner pour le secteur de l’économie circulaire

L’entreprise tech rejette en bloc un tel projet de taxation. Elle estime que cette redevance, voulue par le ministère de la Culture et les ayants droit, risque fort de « condamner les reconditionneurs français, partenaires de Back Market depuis le début de l’aventure ».

D’après le Sirrmiet, le syndicat interprofessionnel du reconditionnement, cette taxation pourrait faire augmenter le prix de vente des téléphones reconditionnés de plus de 10 %. Back Market estime que sa clientèle est constituée à 40 % de personnes en situation de précarité. « Ce sont eux qui vont payer plus cher pour s’équiper en appareils tech, devenus plus que jamais des biens de première nécessité pour travailler ou encore étudier », souligne la société dans un communiqué.

Le Sirrmiet et la Fédération des acteurs du réemploi (RCube) s’inquiètent, dans une lettre conjointe adressée en février dernier au Premier ministre, qu’un tel projet « réduirait de plus de 150 millions d’euros le chiffre d’affaires du secteur français de l’économie circulaire ». Une redevance pouvant aller « jusqu’à 14 euros sur un produit d’occasion (ce qui représenterait entre 12 % et 3 % du prix de vente) viendrait détruire tout un secteur économique qui commence à peine à se structurer », dénoncent les représentants.

Une taxe à hauteur de 3 % du prix d’un téléphone, selon Copie France

Copie France, l’organisme en charge de collecter la redevance copie privée, a assigné les principaux acteurs en justice. Il a justifié dans un communiqué daté de février que « la rémunération pour copie privée est la contrepartie d’un droit dont chacun bénéficie quotidiennement : celui de dupliquer librement des œuvres protégées, acquises légalement, pour son usage personnel ».

Copie France ne distingue pas l’usage du neuf et du reconditionné, d’autant qu’il considère que la rémunération pour copie privée appliquée aux appareils reconditionnés est « minime » car elle représente « 3 à 4 % du prix » d’un téléphone vendu en moyenne 332 euros.

Copie France attaque également l’argument écologique défendu par les revendeurs. « Les supports reconditionnés viennent essentiellement des Etats-Unis, sont recyclés en Europe avec des composants provenant de Chine et sont ensuite revendus dans le monde entier. Une exonération de la rémunération pour copie privée profiterait uniquement aux revendeurs, qui sont principalement des grands acteurs de l’internet et pas aux recycleurs », avance l’organisme.

A noter, comme le rapporte NextInpact, que les sociétés de gestion collective ont collecté 273 millions d’euros en 2020 au titre de la redevance pour copie privée.

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