Avec près de 200 plaintes, l’affaire du médecin accusé de viols sur mineurs prend une ampleur sans précédent – Blog Le Monde

184 ex-patients ont porté plainte contre le médecin pour agression sexuelle et viol. Il sera jugé au premier trimestre 2020 par la cour d’assises de Saintes.

Par Publié aujourd’hui à 13h43, mis à jour à 15h43

Temps de Lecture 4 min.

Les chiffres pourraient augurer de la plus grande affaire de pédophilie en France : 184 ex-patients – dont 181 mineurs au moment des faits – ont porté plainte contre le docteur Joël Le Scouarnec pour agressions sexuelle et viol. Cet ancien spécialiste en chirurgie digestive et viscérale aurait laissé derrière lui 250 victimes potentielles des « faits non prescrits » aujourd’hui identifiées, a annoncé lundi 18 novembre le procureur de la République de La Rochelle, Laurent Zuchowicz.

Au terme de son enquête préliminaire, le parquet de La Rochelle s’est dessaisi du dossier au profit du parquet de Lorient, car une centaine de victimes résident dans le Morbihan, un département dans lequel M. Le Scouarnec a exercé durant dix ans, de 1994 à 2004. La longue carrière du praticien, qui officiait depuis 2008 à l’hôpital de Jonzac (Charente-Maritime), s’est achevée en mai 2017. Un mois plus tôt, ce père de famille de 67 ans, séparé de son épouse, s’était promené nu dans son jardin et avait montré son sexe à sa petite voisine, alors âgée de 4 ans. Laquelle avait ensuite raconté à ses parents que le médecin lui avait introduit un doigt dans le vagin. A la suite d’une plainte de ces derniers, Joël Le Scouarnec avait été interpellé et placé en détention provisoire.

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M. Le Scouarnec sera jugé, du 13 au 17 mars, par la cour d’assises de Saintes (Charente-Maritime) pour viols aggravés. Il devra répondre, outre de l’agression contre sa petite voisine et une de ses nièces, d’agressions sexuelles sur une autre nièce et sur une patiente de 4 ans. Il aurait abusé de cette dernière pendant un acte médical, à l’hôpital de Jonzac, alors qu’elle était endormie.

Joël Le Scouarnec était déjà connu de la justice: en 2005, il avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Vannes pour détention d’images pédopornographiques. A cette époque, « l’enquête [n’avait] été menée que dans sa sphère personnelle, déplore Francesca Satta, l’avocate de la famille de la voisine. On serait allé dans son bureau, à l’hôpital de Vannes, on aurait découvert des poupées à l’intérieur de son placard fermé à clé, des films pédopornographiques sur l’ordinateur professionnel devant lesquels il se masturbait. »

« Dysfonctionnements » entre la justice et les services hospitaliers

Une série de carnets, découverts en 2017 lors de la perquisition au domicile du médecin, laissent par ailleurs supposer qu’il a fait subir des sévices à de jeunes patients durant des années. Dans ces manuscrits, dont le chirurgien a reconnu être l’auteur, sont décrits par le menu des agressions sexuelles et des viols qu’il aurait commis ou voulu commettre dans plusieurs établissements hospitaliers où il a exercé, entre 1989 et 2017, à Loches (Indre-et-Loire), Vannes, Lorient (Morbihan), Quimperlé (Finistère) et Jonzac. « Des fantasmes » selon lui, aux dires de son avocat, Me Thibaut Kurzawa.

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