Aux Etats-Unis, Donald Trump entre victoire et ressentiment – Le Monde

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Donald Trump s’adresse aux medias avec un exemplaire du « Washington Post » titrant sur son acquittement, jeudi 6 février à la Maison Blanche à Washington.

Donald Trump s’adresse aux medias avec un exemplaire du « Washington Post » titrant sur son acquittement, jeudi 6 février à la Maison Blanche à Washington. Evan Vucci / AP

Acquitté par les républicains du Sénat la veille des accusations d’abus de pouvoir et d’obstruction du Congrès, Donald Trump avait annoncé qu’il s’exprimerait jeudi 6 février, à midi, dans l’East Room de la Maison Blanche. Son service de presse avait fait savoir qu’il s’agirait de « remarques ». La presse conviée à l’événement ne pourrait pas poser de question au président.

L’événement aurait pu être propice à l’optimisme et à un pivot vers les mois à venir. Le président s’est certes félicité de « ce magnifique mot, je n’ai jamais pensé qu’il sonnerait aussi bien, ce qu’on appelle un acquittement total », brandissant un exemplaire du Washington Post officiellement proscrit à la Maison Blanche. Mais cette satisfaction a régulièrement été étouffée par l’aigreur et les ressentiments. Il s’était déjà montré acrimonieux le matin même pendant un événement œcuménique, « le petit-déjeuner de la prière nationale », généralement très consensuel.

Parvenu au dernier quart du mandat pour lequel il a été élu en 2016, Donald Trump a prouvé que la fonction présidentielle n’a toujours pas pris le pas sur lui. Pendant un peu plus d’une heure, il s’est exprimé sans véritable fil conducteur, guidé par son inspiration comme il peut le faire lors de ses meetings, passant d’un sujet à un autre sans guère de logique, revenant toujours à lui, exposant à nu les ressorts qui actionnent sa présidence.

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« Je doute qu’elle prie »

Il s’est ainsi décrit une nouvelle fois en martyr, objet sans qu’il n’y soit pour rien d’une vindicte qui rassemblerait à la fois ses adversaires démocrates et des ennemis de l’ombre, tapis dans les rangs de l’administration de l’Etat fédéral, tous qualifiés uniformément de « vicieux », de « menteurs », de « méchants », de « malhonnêtes » et de « corrompus ». Un sort particulier a été réservé à la speaker (présidente) de la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi, avec laquelle les relations sont passées de mauvaises à exécrables du fait de sa mise en accusation. Elle est « horrible », « je doute qu’elle prie », a assuré le président alors que cette dernière assume publiquement sa foi catholique.

Il a établi à cet effet un lien entre l’enquête « russe », conduite après son élection en 2016 par le procureur spécial Robert Mueller, et l’affaire ukrainienne qui lui a valu cette procédure d’impeachment par les démocrates de la Chambre des représentants, réduite à l’état de « conneries ». La première enquête avait conclu à la réalité des interférences russes, la publication par le site WikiLeaks d’informations confidentielles du Parti démocrate piratées par des agents liés à la Russie, qu’il a une nouvelle fois niée.

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