Au Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron tente d’apaiser la « colère » du monde agricole – Le Monde

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Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son passage au Salon de l’agriculture, porte de Versailles à Paris, le 22 février.

Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son passage au Salon de l’agriculture, porte de Versailles à Paris, le 22 février. JULIEN MUGUET POUR LE MONDE

Il est des protestations plus polies que d’autres. Une vingtaine de syndicalistes agricoles attendent sagement Emmanuel Macron à l’entrée du Salon de l’agriculture, que le chef de l’Etat vient inaugurer, samedi 22 février, Porte de Versailles, à Paris. Drapeaux de la FNSEA ou des Jeunes agriculteurs en main, ils veulent alerter le locataire de l’Elysée sur la « colère du monde agricole ». Des pancartes appuient leur supplique : « Défendez-nous, exprimez-vous. »

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L’entrée du parc des expositions est encadrée par une série de photos en noir et blanc représentant Jacques Chirac en visite au Salon. Le Corrézien, mort en septembre 2019, incarne l’image d’Epinal de l’homme politique en empathie avec le monde agricole. « Chaleureux avec les animaux et avec les hommes », peut-on lire sur un panneau. Emmanuel Macron ne suscite pas encore une telle adoration ; plutôt une attente fébrile, voire une impatience. En particulier chez ceux qui ont des griefs à exprimer.

La petite troupe s’agace, notamment, des distorsions de concurrence subies en raison de la signature d’accords de libre-échange comme le CETA, avec le Canada. Elle s’inquiète, aussi, de l’impact des zones de non-traitement (ZNT) aux pesticides situées près des habitations. Depuis le 1er janvier, ces dernières s’étendent, selon les cas, de cinq à vingt mètres. Pas assez, selon les associations écologistes ; beaucoup trop, déplore le monde agricole. « Pour un agriculteur qui a neuf kilomètres de riverains, la question se pose de la complexité technique et de l’impact économique de la mesure », souffle la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert.

« Nous avons l’impression que l’Etat laisse faire… »

Emmanuel Macron arrive sur les coups de 8 h 15 ; il est dirigé d’emblée vers le petit groupe de syndicalistes. « On n’est pas des apprentis sorciers, on respecte nos voisins, s’agace l’un d’eux à propos des ZNT. Comment pouvez-vous sortir des choses comme ça sans compensation ? » Un autre déplore pour sa part le soutien de principe apporté par le chef de l’Etat, l’été dernier, au maire de Langouët (Ile-et-Vilaine), qui avait pris un arrêté sur sa commune empêchant l’épandage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations. « Il faut qu’on vous accompagne. Le sujet est arrivé de travers », reconnaît Emmanuel Macron, évoquant la possibilité d’une aide sur le plan juridique et la création d’un fonds de compensation de 25 millions d’euros. Mais pas question, pour autant, d’accorder un moratoire sur le sujet.

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